Le programme de Napoléon III
Aujourd’hui, la France m'entoure de ses sympathies, parce que je ne suis pas de la famille des idéologues. Pour faire le bien du pays, il n'est pas besoin d'appliquer de nouveaux systèmes ; mais de donner avant tout, confiance dans le présent, sécurité dans l'avenir Voilà pourquoi la France semble vouloir revenir à l'Empire.Il est néanmoins une crainte à laquelle je dois répondre. Par esprit de défiance, certaines personnes se disent : l'Empire, c'est la guerre. Moi, je dis : l'Empire c'est la paix. C'est la paix car la France la désire, et, lorsque la France est satisfaite, le monde est tranquille. La gloire se lègue bien à titre d'héritage, mais non la guerre (…).Un programme de modernisation économique
Le moment est donc venu de nous occuper des moyens d'imprimer un grand essor aux diverses branches de la richesse nationale (…). Il faut améliorer notre agriculture et affranchir notre industrie de toutes les entraves intérieures qui la placent dans des conditions d'infériorité (…).1852 | Fondation du Crédit foncier Fondation du Crédit mobilier |
1853 | Réorganisation du Comptoir d'escompte de Paris |
1859 | Fondation du Crédit industriel et commercial |
1853 | Fondation du Crédit lyonnais Fondation de la Banque impériale ottomane (fonds français et britanniques) |
1864 | Fondation de la Société générale Fondation de la Banque des Pays-Bas |
1869 | Fondation de la Banque de Paris |
La création des sociétés anonymes
Cette nouvelle forme d'entreprise donne plus de souplesse à la création des entreprises et permet de réunir davantage de capitalLes gagnants du libre-échange
Beaucoup de viticulteurs, de soyeux lyonnais, de banquiers, de négociants se montrent satisfaits du traité de 1860. Quand, par moment, nous sommes obligés (…) de vendre 25% au-dessus des cours étrangers, il est complètement impossible d'entretenir des ventes régulières à l'extérieur. Cela n'aura plus lieu quand nos filateurs seront obligés (…) de vendre au même prix qu'en Angleterre (…). Je crois qu'on a eu tort de protéger la filature pendant si longtemps ; on a nui à la vente soit à l'intérieur, soit à l'extérieur. On demande dans les affaires autant de régularité que possible ; cette régularité ne peut pas toujours avoir lieu ; mais, au moins, ces soubresauts ne seront plus aussi considérables en France que sous le régime actuel. Je crois que nos filateurs (…) feront encore de très beaux bénéfices avec le système nouveau, c'est-à-dire avec une protection peu élevée.Le traité de libre-échange avec la Grande-Bretagne de 1860 vu par des industriels français
Jamais nos importations n'ont été plus accablantes. L'industrie française, privée de ses débouchés habituels, écrasée par la concurrence étrangère, éprouve le commencement d'une crise plus violente que toutes celles que nous avons éprouvées à chacune de nos révolutions politiques. Si, au moins, il y avait à un état de choses aussi calamiteux une compensation quelconque favorisant d'autres départements de l'Empire, il devrait en être tenu compte ; mais non ! Le Midi, qui a applaudi au traité avec l'Angleterre, exporte moins de vin et reçoit des alcools où il comptait en envoyer. Lyon, qui seule entre toutes les cités manufacturières de France, a vu avec satisfaction la révolution économique, éprouve ce résultat inattendu, c'est que les exportations de soieries diminuent et que les importations augmentent. En un mot, les traités avec l'Angleterre et la Belgique ont déjà fait un mal immense sans réaliser aucune des espérances qu’en attendaient certains économistes.