A Madagascar, un chiffre attribué à l’agence Habitat des Nations unies a fait beaucoup parler ces derniers jours. Selon une étude, 72% des Malgaches vivraient actuellement dans des bidonvilles. Un chiffre en hausse par rapport à ces dernières années, et qui traduit les difficultés actuelles de la population, alors que Madagascar ferait partie, selon les Nations unies, des trois pays les plus pauvres du monde au côté d’Haïti et de l’Afghanistan.
Les politiciens de tous bords l’assurent la larme à l’œil : il faut sortir de cette crise au plus vite car c’est la population qui souffre. Dans les actes, on peut disserter sur la volonté de ces décideurs de tout mettre en œuvre pour régulariser la situation mais il est indéniable que la majorité des Malgaches est victime de la situation. Si une infime minorité profite de la crise pour s’enrichir, les autres ont la vie de plus en plus difficile. Les produits de première nécessité coûtent cher, le sentiment d’insécurité augmente, le lendemain est incertain.
Trois Malgaches sur quatre vivraient actuellement dans un bidonville. A Antananarivo même, beaucoup d’habitants n’ont pas l’électricité ou l’eau courante. Et alors que l’exode rural se poursuit, la topographie de la ville, avec ses collines et ses rizières inondables, rend hasardeuses les perspectives de développement. Le ministère de l’Aménagement du territoire rappelle que l’habitat est une priorité nationale de la transition, que 50 villes ont bénéficié de chantiers l’an passé, mais globalement les moyens manquent aujourd’hui.
Pour preuve, il y a quelques jours, Madagascar a été désignée comme pire économie du monde par le magazine américain Forbes.
Source : RFI.fr
Les inégalités de développement à Madagascar
La dépendance de Madagascar vue par Pov, dessinateur malgache, paru dans L’Express de Madagascar,11 septembre 2014
Madagascar est le seul pays au monde où le revenu par habitant a reculé depuis 1960. Les 3/4 de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Un gâchis hallucinant quand on sait que les terres de la 4ème île de la planète sont très riches pour l'agriculture. Ses plages et paysages ont aussi de quoi séduire les touristes, et ses réserves de nickel, cobalt ou d'or les entreprises minières. Autre atout, Madagascar n'est pas déchirée par des tensions interethniques, source de mal développement ailleurs. L'île connaît des épisodes de croissance encourageante (+5 % enregistrer en 2017), une croissance financée par de vastes investissements publics. Le FMI (Fonds monétaire international) attend +5,3 % en 2018, si aucun cyclone vient ravager les plantations de vanille, comme celui d'il y a un an, qui avait provoqué la multiplication du prix par 10. Madagascar, qui pèse pour 80% de la production mondiale dépend beaucoup de l'exportation de cette épice, la plus chère du monde derrière le safran. Mais depuis des décennies, les épisodes de croissance sont régulièrement annulés par une crise politique, au rythme d'environ une tous les 6 ans depuis 1991. La paupérisation de la classe moyenne ne permet pas de sortir de ce cercle vicieux.
Les Echos, 26 mars 2018