Le Pérou, pays émergent
Le Pérou représente la 49ème économie mondiale (…). Après la décade dorée (2004-2013), son économie a certes ralenti mais à mieux résisté que celle de ses voisins. La richesse est fortement concentrée sur quelques secteurs comme la mine (plus de 50% des exportations), l'agro-industrie et la pêche. Elle l’est également sur le plan géographique puisque la région de Lima capte le tiers du PIB
Le pays possède un indice de développement humain assez élevé, mais reste marqué par la pauvreté, certes en fort recul (de 59% en 2004 à 20% en 2017), par le poids de l'économie informelle (1) (70% de la population active) et par les disparités sociales, ethniques et géographiques.
« Situation économique et financière du Pérou », tresor.économie.gouv.fr, 4 janvier 2018
(1) Activités économiques variées (petit commerce, artisanat…) qui échappent à la réglementation et à l'impôt
La pauvreté des populations indigènes
Le Pérou à la plus grande proportion de population indigène d'Amérique latine (…). Cette pluralité des cultures et de langues est associée à de fortes différences en termes de revenus et d'opportunités économiques.
En dépit d'une baisse globale de la pauvreté, l'écart entre les populations indigènes et non indigènes demeure aussi important qu'il y a 10 ans. L'accès à l'éducation est plus faible dans la population indigène, avec seulement 10,2% d'entre eux poursuivant des études supérieures contre 25,6% des noms indigènes.
Les opportunités sur le marché du travail sont encore plus limitées, avec une surreprésentation dans le secteur agricole (…) et dans les emplois non qualifiés. A eux deux, ces secteurs représentent 2/3 des emplois pour la population indigène contre seulement 1/3 pour les non indigènes.
Laurent Pasquier-Doumer, « Au Pérou, pauvreté et exclusion interdisent aux populations indigènes d’aspirer à mieux », The Conversation, 15 janvier 2017
Pauvreté et besoins en eau
Depuis une trentaine d'années, le Pérou fait face à une urbanisation galopante. Les villes doivent répondre rapidement aux besoins en infrastructures des nouveaux habitants [dont l'accès à l'eau potable et le logement] (…).
Pour le gouvernement péruvien, la priorité est l'accès à l'eau. D'autant plus que les inégalités territoriales sont fortes : si la côte désertique, et notamment la capitale Lima, est confrontée à la pénurie, les zones pluvieuses des Andes et de l'Amazonie n'ont quant à elles pas les infrastructures nécessaires pour utiliser les eaux de pluie (…). Actuellement, il manque 1,8 millions d'habitations sur l'ensemble du territoire national, dont 900 000 dans la capitale. Les villes voient de nouveaux quartiers se créent à leur périphérie, construits de manière informelle et souvent dépourvus d'accès aux services de base. Des quartiers dans lesquels vivent près de 8 millions de personnes.
Agence française du développement 2017