Le Parthénon a été construit par Périclès sur l'Acropole (…). D'abord pillé par l'empereur Justinien (…), le Parthénon est transformé en église vers 550 et en mosquée en 1456 (…). Le 26 septembre 1687, le doge [dirigeant de Venise] met le siège devant l'Acropole (…) et un obus vénitien tombe sur le Parthénon (…). Tout le centre de l'édifice s'effondre. Le pire reste à venir avec le démontage des frises par Lord Elgin en 1801. Lord Elgin est nommé ambassadeur auprès de la Sublime porte [le gouvernement ottoman] en 1799. (…). Le diplomate, pétri de culture classique, s'inquiète de la menace qui plane sur le Parthénon d'Athènes, où sont toujours installés des soldats ottomans. Il tente, mais en vain, de convaincre le sultan de protéger le monument à titre préventif. N'y arrivant pas, il décide d'agir par lui-même en engageant sa fortune personnelle dans l'opération. C'est ainsi qu'il obtient du sultan Selim II un firman qui l'autorise à faire enlever les sculptures du fronton (…) et aussi la frise qui court sur le pourtour du Parthénon. Les autorités locales d'Athènes tentent de s'opposer à cette profanation mais (…) leur avis ne pèse guère. Certains marbres se briseront lors de leur démontage. A Londres, lord Elgin obtient du gouvernement britannique qu'il lui rachète son trésor et les installe au British Museum. Son entreprise suscite cependant des critiques acerbes, dont le poète Lord Byron se fait l'écho, mais lord Elgin s'en justifiant soulignant que Turcs et Grecs étaient indifférents à la conservation du monument et que les marbres pourraient à Londres, inspirer les artistes anglais.
Fabienne Manière, «26 décembre 1801 – Lord Elgin démonte le Parthénon », Herodote.net, 17 décembre 2019
Il n'y a pas de marbres d'Elgin
il y a un David de Michel-Ange. Il y a une Vénus de Milo (…). Il n'y a pas de marbres d'Elgin (…). Mon gouvernement a demandé la restitution des marbres du Parthénon. Il s'est vu opposé un refus. Mais qu'il soit bien établi que nous ne renoncerons jamais à notre requête (…).
D'abord, on nous dit que les marbres ont été obtenus à la suite d'une transaction en règle (…). Est-il convenable de traiter avec les Turcs pour obtenir le bien le plus précieux des Grecs, alors que la Grèce est sous l'occupation et la domination turques ? (…). Ce que nous réclamons, c'est une partie intégrante d'une structure qui a été mutilée. Dans le monde entier, le nom de notre pays est immédiatement associé au Parthénon. Tout ce que nous demandons, c'est quelque chose d'unique, quelque chose qui n'a pas d'égal, quelque chose qui est spécifique de notre identité (…). Le jour où Athènes se verra rendre ses marbres, il y aura, prêt à les accueillir, tout près de l'Acropole pour qu'ils soient dans leur contexte, un beau musée, avec les systèmes de sécurité et de conservation les plus élaborés (…).
Vous devez comprendre ce que représente pour nous les marbres du Parthénon. Ils sont notre fierté. Ils sont nos sacrifices. Ils sont notre symbole d'excellence le plus noble. Ils sont notre contribution à la philosophie démocratique. Ils sont notre aspiration et notre nom. Ils sont l'essence même de notre grécité (…). Nous disons au gouvernement britannique : vous avez conservé ces sculptures pendant presque 2 siècles. Vous en avez pris soin autant que vous le pouviez, ce dont nous vous remercions. Mais maintenant, au nom de la justice et de la morale, s'il vous plaît, rendez-les !
Mélina Mercouri, Conférence devant les étudiants de l'université d'oxford, 1986
L’Unesco pour le retour des frises du Parthénon
Cela dure depuis plus de 30 ans. En 1983, l'actrice Mélina Mercouri, alors ministre de la Culture, avait demandé officiellement le retour à Athènes des frises orientales du Parthénon, conservées par le British Museum de Londres. Cette requête qui pouvait, à première vue, semblait légitime, est pourtant restait lettre morte. Aujourd'hui, c'est sous l'égide de l’Unesco qu'une nouvelle campagne de mobilisation voit le jour. Elle vise à ramener ce trésor emblématique de l'art hellénique à Athènes. Ioannis Maronitis, la cheville ouvrière de la délégation grecque et le président de la section de l’Unesco, qui possède son bureau au Pirée, a légitimé cette nouvelle demande : « Les Grecs, mais pas seulement, tous les citoyens du monde sensibles aux questions de justice et de patrimoine doivent soutenir le retour des frises du Parthénon ». Depuis 1983, l'argument du British Museum pour continuer de détenir les frises du Parthénon reposait sur l'incapacité supposée des Grecs à conserver décemment ces trésors du patrimoine de l'humanité. L'ouverture d'un musée ultramoderne en 2009 sur l'Acropole rend obsolète le plaidoyer anglais (…)
Bertrand Guyard, « l’Unesco demande le retour des frises du Parthénon », Le Figaro, 08 octobre 2014
La muséographie du British Museum au service de la frise des Panathénées
Le musée de Londres a travaillé avec sérieux et rigueur afin de créer un écrin spécifique pour la frise des Panathénées. Il considère aujourd'hui comme un acte créatif cette muséographie, faisant ainsi des Panathénées une pièce maîtresse du musée et une création artistique britannique. Plus de la moitié de la frise se trouve aujourd'hui conservée à Londres.
Dans le cadre de cette collection incomparable, les sculptures du Parthénon constituent une représentation importante de la culture de l'Athènes antique. Des millions de visiteurs du monde entier admirent chaque année la beauté des sculptures – gratuitement. Ils comprennent également comment la Grèce antique a influencé et a été influencée par les autres civilisations rencontrées. Le musée de l’Acropole permet d'apprécier les sculptures du Parthénon à Athènes dans le contexte de l'histoire grecque et athénienne antique. Cette exposition ne modifie pas l'opinion des administrateurs de British Museum selon laquelle les sculptures font partie du patrimoine commun de tous et transcendent les frontières culturelles. Les administrateurs restent convaincus que l'emplacement actuel des sculptures du Parthénon permet de raconter des histoires différentes et complémentaires sur les sculptures survivantes, soulignant leur importance pour la culture mondiale et affirmant l'héritage universel de la Grèce antique.
Site de British Museum, 2019