Les géants du numérique
THEME 2 : ANALYSER LES DYNAMIQUES DES PUISSANCES INTERNATIONALES
Axe 2: Formes indirectes de la puissance : une approche géopolitique
Jalon 2 : Les nouvelles technologies : puissance des géants du numérique, impuissances des Etats et des organisations internationales?

La Chine renforce encore plus son emprise sur Internet


Des stars qui disparaissent du jour au lendemain des réseaux sociaux, des entreprises bloquées dans leur expansion, des algorithmes « rectifiés », une censure toujours plus stricte… Pas une semaine ne passe sans que le pouvoir chinois ne renforce son emprise sur Internet. Tant les sociétés que les contenus sont visés.

Mi-mars, Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste (PCC), avait prévenu : « Pour se doter de forces nationales compétitives, la Chine instaurera et améliorera le système de gouvernance de l’économie de plate-forme en accordant une importance égale au développement et à la régulation dans le cadre des efforts menés pour promouvoir une concurrence loyale, lutter contre les monopoles et empêcher l’expansion désordonnée du capital. » Nous y sommes.

Deux lois présentées en août et qui entreront en vigueur en novembre retiennent particulièrement l’attention. L’une porte sur la sécurité des données, l’autre sur la protection des informations personnelles.

« Pour la première fois, la loi explique que les données constituent un atout stratégique de la nation et qu’elles ne doivent pas appartenir à des entreprises privées, surtout si elles sont dans une situation monopolistique », décrypte Cédric Delzenne, directeur Asie de Fifty-Five, une société de conseil en exploitation de données marketing, installée à Hongkong. « Jusqu’à présent, le gouvernement était plutôt réactif par rapport à certains abus, désormais il définit le cadre a priori », ajoute-t-il.

Le capital rentre dans le rang

Si nombre d’experts jugent ces lois comparables au Règlement général sur la protection des données (RGPD), adopté en Europe en 2018, elles semblent plus strictes sur un point sensible : le transfert des données à l’étranger. Elles prévoient en effet que les entreprises devront obtenir l’accord des personnes concernées, mais aussi celui des autorités chinoises.

Déjà, depuis juillet, les entreprises chinoises qui veulent s’introduire en Bourse à l’étranger doivent recevoir l’accord préalable de l’administration du cyberespace chinois. Plusieurs fleurons de la tech ont préféré renoncer. Il faut dire que, pour avoir tenté de passer en force, Didi, le « Uber chinois », qui avait levé 4,4 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) sur le Nasdaq le 30 juin, a été lourdement sanctionné par l’administration du cyberespace quarante-huit heures plus tard. En quelques jours, l’entreprise a perdu le quart de sa valeur (17 milliards de dollars). Une mésaventure qui n’est pas sans rappeler celle d’Alibaba, qui, en novembre 2020, s’était vu interdire l’introduction sur les marchés de sa filiale financière Ant Group, quarante-huit heures seulement avant la date prévue.

Déjà spectaculaires, ces sanctions étaient finalement peu de chose par rapport à ce qui allait suivre ; l’obligation faite fin juillet à toutes les sociétés spécialisées dans le soutien scolaire de se transformer en associations à but non lucratif. Une industrie qui, selon certaines études, pèserait plus de 250 milliards de dollars. D’autres secteurs sont dans le viseur du gouvernement, notamment la toute-puissante industrie des jeux vidéo, comme le montre l’interdiction bientôt faite aux mineurs de jouer en ligne plus de trois heures par semaine.

Alors que le décrochage en Bourse des entreprises technologiques chinoises est évalué à plus de 1 000 milliards de dollars, Xi Jinping est satisfait. Le capital rentre dans le rang. Lundi 30 août, lors d’une réunion des dirigeants du PCC, le président chinois se serait félicité que la campagne contre « l’expansion irrationnelle du capital » commence à porter ses fruits.

Ce n’est d’ailleurs qu’un début : le gouvernement doit « guider les entreprises à obéir au leadership du Parti », a-t-il précisé, ajoutant qu’il ne fallait pas oublier la « big picture » : le développement de l’économie et de la société chinoise.

Une campagne contre les journalistes indépendants

Malgré tout, les cours des marchés n’ont pas l’air de laisser le PCC si indifférent. Vendredi 27 août, l’administration de surveillance du cyberespace et le département de la propagande du parti ont annoncé lancer une campagne contre les journalistes indépendants et les plates-formes d’information financière qui « interprètent mal les politiques économiques et prévoient des jours sombres pour les marchés financiers ». Sont également concernés ceux qui auraient la mauvaise idée de reproduire « sans jugement » les articles parus à l’étranger qui interprètent mal la politique financière de la Chine.

Car cette reprise en main de la tech concerne également le contenu des services offerts par les entreprises. Toujours le 27 août, l’administration du cyberespace, décidément omniprésente, a ainsi soumis à consultation publique un projet de réglementation des procédés qui permettent aux géants de la tech de cibler les internautes avec des offres qui correspondent à leurs habitudes de consommation. Ces algorithmes devront désormais être enregistrés auprès des régulateurs. Les recommandations fournies par les algorithmes devront respecter les « valeurs mainstream » et « diffuser activement une énergie positive ».

Avant même que les résultats de la consultation ne soient connus, l’industrie du show-business a déjà fait les frais de cette nouvelle orientation. Les fan-clubs, un véritable phénomène social auprès des ados chinois, vont être étroitement surveillés et nettement moins mis en valeur par les algorithmes de demain. Par ailleurs, les classements des célébrités sont désormais interdits. Pas question de laisser des stars au comportement souvent peu socialiste dépraver la jeunesse.

Victime expiatoire : Zhao Wei, une des actrices chinoises les plus célèbres, a disparu des réseaux sociaux depuis le jeudi 26 août. Impossible même de visionner un film dans lequel cette milliardaire aux multiples talents (elle est à la fois actrice, réalisatrice, chanteuse et femme d’affaires) apparaît. La raison ? Nul ne la connaît. Est-elle en Chine ? Dans un de ses quatre châteaux bordelais ? Ailleurs dans le monde ? Mystère. Une chose est sûre : le rideau, sur elle, est tombé.

Une « cinquième colonne à l’intérieur du pays »

Dans un entretien publié sur le site de la redoutée Commission centrale de l’inspection disciplinaire du PCC, un chercheur, Jiang Yu, explique que « la littérature et les arts sont un important champ de bataille de la pensée et de l’idéologie. (…) Si on autorise l’extension irrationnelle du capital dans le monde littéraire et artistique, cette activité va perdre sa fonction, [qui est] de servir le peuple et le socialisme et cela détruirait le fondement spirituel de la nation chinoise ».

Li Guangman, un blogueur thuriféraire du régime, abondamment relayé par les comptes officiels, y compris celui de l’armée, justifie également cette politique. Selon lui, il est grand temps pour Pékin de répondre à la « révolution de couleurs » que les Etats-Unis veulent mener contre la Chine, par le biais d’une « cinquième colonne à l’intérieur du pays ». Selon lui, « la fête est finie pour les grands groupes capitalistes », dont, bien sûr, les Occidentaux tirent les ficelles. Il flotte dans l’air comme un étrange parfum de révolution culturelle 2.0.

Frédéric Lemaître (Pékin, correspondant), 2 septembre 2021.
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Pékin avertit à nouveau les géants chinois de la tech

Depuis bientôt six mois, l’Etat a multiplié les amendes et les mesures réglementaires contre des plates-formes chinoises de plus en plus puissantes.

A première vue, c’était presque un rendez-vous de routine : les autorités chinoises avaient convoqué, jeudi 18 mars, les représentants de Tencent, d’Alibaba et de neuf autres entreprises du Web chinois pour les mettre en garde au sujet des « fake news ». Les autorités sont particulièrement sensibles à toute information, véridique ou non, considérée comme politiquement sensible. Mais cette convocation s’inscrit dans un contexte différent : la mise au pas des géants du Web. Depuis bientôt six mois, les mesures de régulation se sont multipliées : annulation de l’introduction en Bourse de la filiale financière d’Alibaba, Ant Group, en novembre 2020 ; régulation de la finance en ligne ; loi antimonopoles ; régulation de la collecte de données…

Une campagne soutenue en haut lieu : lundi 15 mars, le président, Xi Jinping, a demandé aux régulateurs de la finance de renforcer la supervision des entreprises du Web, de s’attaquer aux monopoles, de promouvoir une compétition saine, la protection des données, et d’empêcher l’expansion désordonnée des capitaux, a rapporté la télévision nationale CCTV. Les plates-formes doivent « suivre la direction politique correcte ».

« Certaines se développent de manière non standardisée, et cela présente des risques. Il est nécessaire d’améliorer les lois qui gouvernent l’économie des plates-formes afin de combler les vides juridiques », a déclaré le dirigeant chinois. Outre les deux géants, Alibaba et Tencent, la liste des entreprises convoquées par l’administration chinoise du cyberespace et le ministère de la sécurité publique (chargé de la police) inclue entre autres ByteDance, propriétaire de TikTok et de sa version chinoise Douyin, le fabricant de smartphones et d’objets connectés Xiaomi, Kuaishou, qui propose aussi des vidéos courtes, et NetEase, numéro deux chinois des jeux vidéo.

Sujets sensibles

D’après un communiqué de l’administration du cyberespace, les autorités ont demandé aux entreprises de « procéder à une évaluation de sécurité par eux-mêmes » de leurs plates-formes sociales, et de soumettre un rapport aux autorités s’ils souhaitent ajouter des fonctions qui « ont un potentiel de mobilisation de la société ». Le communiqué mentionne en particulier les fonctions audio, et le problème des « deep fakes », des créations ultra-réalistes permettant, à partir de contenus réels, de faire dire à des personnalités des choses qu’elles n’ont pas dites.


La référence aux fonctions audio concerne les applications de conversation en ligne, comme Clubhouse. Avant l’interdiction de l’application américaine en février, des discussions impliquant des utilisateurs basés en Chine avaient eu lieu sur des sujets hautement sensibles aux yeux des autorités du pays, comme la politique chinoise vis-à-vis de Hongkong, de Taïwan, ou la présence de camps de rééducation dans la région autonome du Xinjiang, dans l’Ouest chinois. Depuis la censure de l’application américaine, plusieurs entreprises chinoises ont mis au point des applications similaires.

Malgré les progrès de la reconnaissance vocale, la censure de conversations orales est plus difficile à appliquer que celle d’échanges écrits. Quelques jours plus tôt, le 11 mars, douze entreprises, dont Tencent, ByteDance, mais aussi le moteur de recherche Baidu et la plate-forme de VTC Didi, ont été condamnées à des amendes de 500 000 yuans (64 000 euros) par l’administration d’Etat pour la régulation des marchés, en vertu d’une loi antimonopoles. Une loi qui devrait être renforcée dans les mois à venir, d’après des annonces faites lors de la session de l’Assemblée nationale populaire, début mars.

« Presque autant d’utilisateurs que Facebook »

Après l’annulation de l’introduction en Bourse record d’Ant Group, la filiale financière d’Alibaba, le régulateur viserait désormais Tencent, qui offre également des services financiers à travers le portefeuille numérique du réseau social WeChat. D’après l’agence Bloomberg, l’entreprise devrait être forcée de créer une holding financière soumise aux règles de la finance traditionnelle.

Alors que les rumeurs sur une prochaine régulation se répandaient, l’action Tencent a chuté de plus de 8 % en fin de semaine dernière. « C’est un plan de régulation généralisé qui se déroule point par point », résume Jean-Dominique Seval, fondateur du cabinet de conseil Soon Consulting, et président de French Tech Beijing.

Comme partout dans le monde, les géants de l’Internet n’échappent pas en Chine à la volonté de contrôler les nouveaux acteurs de l’économie. Dans un premier temps, Pékin a beaucoup favorisé ces entreprises, pour allumer des contre-feux à opposer aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) américains, et accélérer la digitalisation de certains secteurs traditionnels, comme la finance.

« Avec succès, estime M. Seval. Aujourd’hui, ils ont presque autant d’utilisateurs que Facebook et Google. Mais ils n’ont pas encore atteint leur plein potentiel, car le nombre d’internautes continue d’augmenter, et ils continuent à se diversifier. » Pour cet expert, ces groupes « peuvent encore doubler de taille, et devenir extrêmement puissants. On assiste à une course de vitesse entre ces géants et l’Etat qui cherche à les contrôler ».

Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance), 19 mars 2021
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Guerre froide d'un nouveau genre

Voilà huit ans, un ingénieur chinois lançait une bombe dans la galaxie des réseaux sociaux. TikTok, une appli qui rend accrocs les ados et fait trembler la Silicon Valley. Depuis 2019, la bataille fait rage entre Pékin et Washington. Qui va remporter la précieuse banque de données ?

2012 : alors que Facebook franchit au pas de charge le cap du milliard d'utilisateurs, une idée frémit à 10 000 km de là. A Pékin, Zhang Yiming, un jeune ingénieur en informatique chinois de 29 ans, fonde sa petite entreprise ambitieuse, ByteDance. Huit ans plus tard, si la maison mère est encore peu connue sous nos latitudes occidentales, l'une de ses émanations a fait irruption dans le quotidien des adolescents du monde entier. Son nom ? TikTok. Téléchargée plus d'un milliard de fois sur l'année écoulée (un record), l'application permet de partager de courtes vidéos montées en quelques instants. (...) Valorisé à 70 milliards d'euros (un autre record), TikTok est désormais le sixième réseau social de la planète, sur les talons d'Instagram, filiale de Facebook. On estime que la moitié de ses utilisateurs ont moins de 24 ans. On pourrait s'en tenir à ce phénomène viral aux chiffres stratosphériques. (...) Mais une autre histoire, bien moins ludique, s'écrit dans la trame de son algorithme. Une histoire de pouvoir et de suprématie, mettant aux prises les deux principales puissances de la planète.

Dans la bataille pour capter l'attention des internautes, ByteDance est la première entreprise chinoise à prendre à ce point pied à l'étranger, venant concurrencer l'hégémonie des grandes plateformes de la Silicon Valley. Contrairement à elles, qui rassemblent leurs services sous une seule appellation, le trublion asiatique possède de nombreuses branches autonomes, fruit d'une jeune histoire mouvementée. Dès les premières heures de son aventure entrepreneuriale, constatant l'incroyable dissémination de l'information permise par les smartphone, son fondateur, diplômé en microélectronique, croit au pouvoir quasi civilisationnel de l'intelligence artificielle. Les géants du numérique chinois (nommés BATX pour Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) ont, pour la majorité vu le jour entre 1998 et 2000. Issue d'une deuxième génération d'entreprises, ByteDance a fait irruption au moment providentiel. "Il y a dix ans, les grands groupes ont compris qu'en exploitant les données ils pouvaient devenir bien plus qu'un moteur de recherche ou qu'une plateforme de commerce en ligne" explique Séverine Arsène, chercheuse associée au Médialab de Sciences Po, professeure à l'université chinoise de Hong Kong. Le nouveau venu s'est donc spécialisé dans les algorithmes de recommandation (...), tournés vers une seule mission, résumée par Zhang Yiming lui-même : "Equiper les humains avec des super intelligences ubiquitaires pour créer, découvrir, utiliser et interagir avec l'infirmation". Un programme qui peut être inquiétant : Marc Faddoul, chercheur en IA à l'université de Berkeley, a ainsi découvert il y a quelques mois que l'application recommande des utilisateurs qui ressemblent à ceux que vous suivez déjà, favorisant une forme d'enfermement. (...)

Ambitieux, influent, ByteDance est aussi tenu d'être coopératif avec le pouvoir. En 2018, l'entreprise a dû fermer l'une de ses applications, Neihan Duanzi, les autorités (chinoises) punissant son contenu "vulgaire" (elle permettait de partager des photos humoristiques). Dans une lettre publique, le grand patron a battu sa coulpe, regretté d'avoir failli "aux valeurs socialistes", et promis d'embaucher des modérateurs encartés au parti communiste. Comme le précise Julien Nocetti, professeur à Saint-Cyr et chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri), "le lien entre les entreprises chinoises et l'appareil d'Etat est organique : depuis 2017, uen loi sur la cybersécurité les oblige à collaborer, et en cas de manquement, elles risquent de perdre des financements à taux très avantageux". La compétitivité contre la docilité donc.

Craignant de voir le réseau social à l'expansion planétaire siphonner des informations personnelles à des fins d'espionnage, les services de renseignement américains surveillaient déjà TikTok depuis 2019. Mais l'affaire a pris une tout autre dimension en juillet, lorsque Donald Trump a décidé d'en faire l'étendard de sa guerre commerciale avec Pékin. Bien décidé à faire passer la licorne chinoise sous pavillon américain, le locataire de la Maison-Blanche l'a menacé d'interdiction peure et simple afin de forcer la décision. Après de longs mois de négociations houleuses, Oracle, l'entreprise américaine de gestion des bases de données, doit entrer au capital (de TikTok) et héberger les précieuses données. Mais (...) l'entourage du président Xi Jinping semble déterminé à ne pas céder une once de terrain. Dans une guerre froide d'un nouveau genre, c'est le titre de superpuissance technologique qui se joue actuellement. (...)

Olivier Tesquet, Télérama, 16 décembre 2020.
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Qui sont les GAFA chinois ? - Citéco Vidéo Challenge
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Posted by ngd
Alibaba et les 40 décideurs

Le 11 novembre 2016, lors d'un événement organisé par l'entreprise, 657 millions de commandes ont été réalisées en une journée, pour un chiffre d'affaires supérieur au PIB du Sénégal.
En janvier 2017, Jack Ma (fondateur de l'entreprise du numérique Alibaba spécialisée dans le commerce électronique) était le premier businessman chinois à s'afficher aux côtés du président américain fraîchement élu, Donald Trump, grillant ainsi la priorité au président chinois lui-même. Et contre toute attente (Trump ayant fustigé la Chine tout au long de sa campagne), les échanges furent plus que cordiaux. (...)
Porte-drapeau de l'ouverture de son pays au monde, Jack Ma multiplie les poignées de mains de haute volée et les sommets internationaux. Argentine, Australie, Israël, Malaisie, Pakistan, France... Jack Ma n'hésite pas à traverser les frontières pour aller à la rencontre des preneurs de décision. (...)
Dans la même veine, Jack Ma souhaite qu'Alibaba, à l’image d'un État, ait sa propre Nasa et veut créer une Organisation mondiale du commerce électronique. Son ambition, et pas des moindres : sauver l'économie mondiale.

Marion Robert, "Face aux GAFA, l'affirmation des BATX : Alibaba, le rêve chinois", Décideurs magazine, août 2017.
Posted by yannmorel
Les BATX et le pouvoir politique chinois

Pony Ma, le patron du géant de la tech Tencent et troisième fortune de Chine, n'en dort plus la nuit. Pékin voudrait s'inviter au capital de son empire, qui détient le réseau social ultra-dominant WeChat. (...)
C'était une question de temps : les entreprises de technologie chinoise, Alibaba et Tencent, en s'infiltrant dans tous les aspects de la vie quotidienne des habitants, ne pouvaient pas rester indépendantes. (...)
Jack Ma, le patron d'Alibaba, raconte ainsi que son groupe a reçu environ 40 000 visites d'officiels chinois pour la seule année 2015. Il est aussi en train de mettre sur pied une fondation qui espère lever 100 milliards du yuans (12,8 millions d'euros) pour soutenir les plus défavorisés en Chine, l'un des principaux chantiers du président XI Jinping. Mais jusqu'ici, l'astucieux patron disait : "Tombez amoureux du gouvernement, mais ne vous mariez pas avec!" (...)
Le risque, en faisant entrer l’État au capital des entreprises les plus performantes de Chine, est que celles-ci perdent leur capacité à innover. D’après un proche de Pony Ma cité par le Wall Street Journal, c'est justement ce qui donne des insomnies au patron de Tencent.

Simon Leplâtre, "Les autorités chinoises s'invitent au capital des géants de la tech", www.lemonde.fr, 14 octobre 2017.
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