Le scandale de Panama
En 1892, le député boulangiste Jules Delahaye dénonce à la Chambre les malversations liées au percement du canal de Panama. La compagnie fondée par Ferdinand de Lesseps a utilisé une partie des fonds d'une souscription publique pour obtenir le soutien d'hommes politiques et de journalistes.
Je viens vous demander de nommer une commission d'enquête (…). On a comparé le scandale de Panama à celui d'un ancien député, gendre du président de la République, tenant le trafic que vous savez dans le palais même de l'Élysée (1). Hélas ! Le trafic de la Légion d'honneur n'est qu'une misère à côté des trafics de Panama (…). C’est la curée (2) au grand soleil de la fortune des citoyens, des pauvres et des besogneux, par des hommes ayant mission de la protéger de la défendre. 3 millions furent distribués à plus de 150 membres du Parlement (…). Une véritable meute de politiciens assaillit les administrateurs de la compagnie pour exiger d'eux de nouvelles sommes au budget de la corruption de Panama (…). Il y a ici 2 catégories de personnes qui m'écoutent : celles qui ont touché et celles qui n'ont pas touché.
Compte rendu de la séance extraordinaire du 21 novembre 1892 à la Chambre des députés
(1) En 1887, la révélation d'un trafic de décoration par Daniel Wilson, député et gendre du président de la République Jules Grévy entraîna la démission de ce dernier.
(2) Fin de la chasse, lorsque du gibier est distribué aux chiens
Le scandale de Panama (1892)
Le polémiste antisémite Edouard Drumont dénonce dans son journal le scandale des 104 députés « chéquards » ayant perçu des sommes provenant de la compagnie de percement de l'isthme de Panama dirigée par l'ingénieur Ferdinand de Lesseps.
Micros (pseudonyme d’Edouard Drumont), La Libre Parole, 12-18 septembre 1892
(1) Somme versée au titre de primes. Charles de Lesseps est le fils de Ferdinand de Lesseps, tous 2 accusés de corruption