Etats et religions aujourd'hui
THEME 3 :
ANALYSER LES RELATIONS ENTRE ETATS ET RELIGIONS
Chapitre introductif :
Etats et religions aujourd'hui
Situation religieuse en Iran
 

Constitution de la République islamique d’Iran (1979)

« L’école islamique du chiismejafarite est la religion officielle du pays (…). L’Etat est subordonné à l’autorité du clergé chiite, qui gouverne à travers le Rahbar, le guide religieux nommé à vie par l’Assemblée des experts – 86 théologiens élus par le peuple pour un mandat de 8 ans, le Rahbar, ou grand ayatollah, préside le Conseil des gardiens de la Constitution (…). Ce Conseil exerce un contrôle sur les lois et les organes de direction de l’Etat, y compris la présidence de la République, dont le titulaire est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans pour un maximum de deux mandats consécutifs. »

En 2022, de nombreuses manifestations ont agité l’Iran après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par
la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire (port obligatoire du voile en public).
L’État a été contraint de dissoudre la police des mœurs tandis que le Parlement et le pouvoir judiciaire s’engagent à étudier la question du port du voile obligatoire.
 
La persécution des minorités religieuses en Iran
En Iran, l’un des principaux obstacles à la pleine liberté religieuse est « l’apostasie ». Se convertir de l’islam à une autre religion n’est pas explicitement interdit dans la Constitution ou le code pénal, mais c’est difficile en raison des puissantes traditions islamiques du pays et du système juridique fondé sur la charia. En cas d’apostasie, les sentences sont fondées sur la charia et peuvent aller jusqu’à la peine de mort. L’article 13 de la Constitution iranienne reconnaît les chrétiens, les juifs et les zoroastriens (1) comme des minorités religieuses protégées ayant le droit de pratiquer librement leur culte et de former des associations religieuses. Néanmoins, ils sont sous la surveillance permanente des organes de sécurité d’État. Toute activité destinée à répandre l’Évangile est contraire à la loi. Les chrétiens des Églises non enregistrées, en particulier évangéliques, sont considérés comme des ennemis de l’État et subissent des persécutions systématiques. Les convertis de l’islam au christianisme sont particulièrement confrontés à de graves menaces à leur liberté, à leur intégrité physique et à leur vie.
D’après le rapport 2021 de l’Observatoire de la liberté religieuse.
1. Adeptes de la religion basée sur les enseignements du prophète Zoroastre de langue persane.