Etats et religions aujourd'hui
THEME 3 :
ANALYSER LES RELATIONS ENTRE ETATS ET RELIGIONS
Chapitre introductif :
Etats et religions aujourd'hui
"Pas d'Évêques, pas de Roi », disait Jacques I er Stuart à la Conférence d'Hampton Court de janvier 1604 lorsqu'il s'opposait aux menaces des puritains contre son autorité et l'autorité épiscopale. Quatre cent vingt ans plus tard, la Monarchie britannique est toujours là. Elle tient encore avec la religion anglicane qui est la religion établie, la religion d'État ou plutôt la religion de la couronne, comme la République française tient avec la laïcité. L'anglicanisme est une voie intermédiaire, une via media , entre catholicisme et protestantisme. L'Église d'Angleterre est « théologiquement protestante dans un cadre ecclésiastique proche du catholicisme ». Son acte de naissance remonte au schisme de 1535, fruit du rejet par Henri VIII de la tutelle de Rome qui refusait de valider son divorce avec Catherine d'Aragon. Les liens entre le monarque britannique et l'Église anglicane témoignent d'une conception bien différente de la Monarchie catholique de droit divin en France. C'est une religion également éloignée du luthérianisme. Contrairement à lui, l'anglicanisme ne désacralise pas l'institution de l'Église. La réforme anglicane est d'ailleurs venue du sommet de l'État et non du bas, des hommes du commun. France et Royaume-Uni paraissent ainsi éloignés. Il n'y a pas de laïcité à la française au Royaume-Uni ni de « séparation sèche » ou « imbibée d'eau bénite » à l'américaine. Il n'y a, en effet, pas de séparation de l'Église et de la Couronne : le Roi est Gouverneur de l'Église anglicane et défenseur de la foi depuis le schisme d'Henri VIII. Les institutions ne sont pas neutres. Le Parlement compte encore des Lords spirituels. Les juges font leur rentrée solennelle avec une cérémonie religieuse à Westminster. Les Premiers ministres n'hésitent pas à parler de leur religion ou valoriser certaines religions.
Charles III choisit pour son sacre une cérémonie multiconfessionnelle
Le monarque britannique reste le chef de l’Eglise anglicane, mais pour la première fois, des représentants des religions juive, hindouiste, sikhe, musulmane et bouddhiste joueront un rôle actif pendant son couronnement, qui aura lieu samedi 6 mai.
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Les obsèques royales au Royaume-Uni
Le roi Charles III, gouverneur suprême de l’Église anglicane d’Angleterre, et la famille royale assistent aux funérailles de la reine Élisabeth II lors de la cérémonie à l’Abbaye de Westminster, le 19 septembre 2022.
 

Principalement, le christianisme occupe une place prépondérante dans le paysage religieux du Royaume-Uni. L’Église d’Angleterre, également connue sous le nom d’Église anglicane, est l’Église officielle établie par l’État, et son chef nominal est le monarque britannique. Cette église épiscopale protestante revêt une importance historique considérable, remontant à la Réforme du XVIe siècle initiée par Henri VIII. Cependant, au fil des décennies, la pratique religieuse en Angleterre a connu un déclin, et de nombreuses personnes s’identifient comme « chrétiens non affiliés ».

Outre l’Église d’Angleterre, d’autres dénominations chrétiennes telles que le catholicisme, le presbytérianisme, le méthodisme et d’autres branches du protestantisme sont présentes au sein de la société britannique. Les communautés chrétiennes représentent une diversité de croyances et de pratiques, avec des églises évangéliques, pentecôtistes et libérales contribuant à la mosaïque religieuse du pays.

Parallèlement au christianisme, d’autres religions occupent une place significative, reflétant la nature multiculturelle du Royaume-Uni. L’islam est l’une des religions les plus importantes après le christianisme, avec une communauté musulmane diversifiée comprenant des Sunnites, des Chiites et d’autres groupes. Les musulmans résident principalement dans les grandes villes, notamment Londres, Birmingham et Manchester. Les lieux de culte musulmans, tels que les mosquées, sont des éléments essentiels de la vie religieuse au Royaume-Uni.

Le judaïsme a également une présence historique au sein de la société britannique, avec une communauté juive établie depuis plusieurs siècles. Les synagogues jouent un rôle central dans la vie religieuse des Juifs britanniques, et la communauté est concentrée en particulier à Londres et à Manchester.

En outre, le sikhisme est représenté au Royaume-Uni, en particulier en raison de l’immigration en provenance de l’Inde au cours du XXe siècle. Les gurdwaras, les lieux de culte des Sikhs, sont des centres communautaires importants qui promeuvent la foi, le service communautaire et la charité.

Les religions orientales, telles que l’hindouisme et le bouddhisme, ont également trouvé leur place dans la société britannique, en grande partie en raison de l’immigration en provenance de l’Asie du Sud et de l’Asie de l’Est. Les temples hindous et les monastères bouddhistes offrent des espaces de culte et de rassemblement pour ces communautés.

Il est crucial de souligner que la diversité religieuse au Royaume-Uni est en constante évolution en raison des mouvements migratoires, des mariages interreligieux et des choix personnels. La société britannique est devenue plus pluraliste, favorisant le respect mutuel des diverses croyances et pratiques religieuses.

Enfin, le paysage religieux du Royaume-Uni ne peut être pleinement compris sans prendre en compte les personnes qui s’identifient comme non religieuses ou athées. Un nombre croissant de personnes au Royaume-Uni choisissent de ne pas adhérer à une religion organisée, préférant une approche laïque de la vie. Ce groupe diversifié contribue à la riche toile sociale et culturelle du Royaume-Uni, illustrant la coexistence pacifique de différentes convictions au sein de cette nation dynamique.