Des milieux fragiles et vulnérables à protéger
GEOGRAPHIE - THEME 3
SOCIETES ET ENVIRONNEMENTS : DES EQUILIBRES FRAGILES

Chapitre 2 :
Des milieux entre valorisation et protection
Consigne : Après avoir pris connaissance du corpus documentaire qui vous a été attribué, vous répondrez aux questions suivantes
Questions :
1) Quelles sont les formes de dégradation dont l'homme est responsable sur le milieu étudié ?
2) Identifiez les différents risques qui pèsent sur le milieu étudié. Vous penserez à bien distinguer les risques naturels et les risques technologiques.
3) En quoi la valorisation du milieu étudié par l'homme a-t-elle renforcé la vulnérabilité face aux risques ?
4) Quelles actions et mesures sont mises en place pour préserver et protéger le milieu étudié ?
5) Quels acteurs ces actions et mesures font-elles intervenir ?
Les principaux aléas en France
 
Un milieu fragilisé par l’urbanisation : Fort-de-France en Martinique (160 000 habitants)
 
Ramassage de sargasses en Martinique
Ces algues brunes détériorent les milieux côtiers (coraux, poissons, tortues...) et produisent un gaz toxique après leur échouage. Elles constituent un risque environnemental, sanitaire et économique (pêche, tourisme) aux Antilles et en Guyane
 
Cyclone Batsirai: en alerte rouge, La Réunion se prépare • FRANCE 24
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La Montagne Pelée et les pitons du Nord de la Martinique inscrits au patrimoine mondial par l'Unesco en 2023
 

La pollution au chlordécone

Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, un insecte ravageur pour ces cultures. C'est une substance toxique pour l'homme. Des études toxicologiques (…) ont pu montrer des effets néfastes sur le système nerveux, la reproduction, le système hormonal et le fonctionnement de certains organes (foie, rein, cœur…). L'expertise (…) publiée en 2021a conclu à la présomption forte d'un lien entre l'exposition au chlordécone de la population générale et le risque de survenue de cancers de la prostate.

Utiliser durant 20 ans, le chlordécone a entraîné une pollution des sols, de l'eau des rivières et du milieu marin proche des secteurs où il a été utilisé. Il peut ainsi être retrouvé dans certaines denrées végétales ou animales, ainsi que dans les eaux des sources (…). De nombreux aliments locaux, principalement les légumes racines, les poissons et crustacés, les œufs issus de poulaillers de particuliers peuvent être contaminés, surtout dans certaines zones réputées contaminées du fait de la présence ancienne de bananeraies (…). Dans la population générale, le chlordécone a été détecté chez plus de 90% des individus.

« Chlordécone aux Antilles : les risques liés à l'exposition alimentaire », Anses, 09 décembre 2022

Chlordécone : le scandale sanitaire expliqué
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Le label « zéro chlordécone »
« L’État a annoncé […] son projet de lancer un label “zéro chlordécone” pour rassurer producteurs et consommateurs. […] Cet insecticide, considéré comme cancérogène et perturbateur endocrinien, a été utilisé pendant vingt ans aux Antilles. […] Cette molécule, du fait de sa persistance, est encore présente dans les sols et peut se retrouver dans certains aliments d’origine végétale ou animale. […] Un nouveau plan de lutte contre ce polluant s’étend de 2014 à 2020. Objectifs : protéger le consommateur et accompagner les professionnels. […] Mais une question fondamentale reste posée : comment se débarrasser des 300 tonnes de chlordécone qui ont été déversées en Martinique et en Guadeloupe pendant vingt ans ? Si ce n’est attendre plusieurs dizaines d’années, voire plus, pour que les sols se dépolluent naturellement par lessivage. »
Frédérique Schneider, « Vers un label zéro chlordécone en Martinique », La Croix, 12 avril 2018.
La Souffrière (Guadeloupe) : Une nouvelle éruption imminente ?
Un frisson parcourt la Soufrière, depuis le lundi 12 novembre 2018 [...]. On le sait : une éruption majeure peut se déclencher à tout moment. Face à cette menace, des scientifiques, de mieux en mieux armés en outils de détection de la moindre activité, veillent au grain et sauront, en temps utile, prévenir les populations du Sud-Basse-Terre les plus exposées... a priori plusieurs semaines avant que le danger soit réel. C’est la tâche des acteurs de l’OVSG-IPGP, l’Observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe – Institut de physique du globe de Paris. Le fait est que des fumerolles s’échappent des cheminées du sommet. Elles sont chimiques et potentiellement dangereuses...
Sur le bord du cratère, on peut distinguer des étendues de terre nue ; l’œuvre des agents toxiques (gaz carbonique et sulfure d’hydrogène), qui brûlent la végétation, toxiques pour les humains, particulièrement les enfants en bas âge. Faute d’information et de signalétique, le tout public peut se promener au sommet du volcan. Ils sont 200 000 à le faire, chaque année. Une fréquentation plus que problématique. L’intoxication dépend de l’orientation du vent, de la dispersion des substances dangereuses et du bon sens des badauds.

Ronan Ponnet, « Soufrière : respecter un périmètre de sécurité ? », Guadeloupe 1ère, 14 novembre 2018

La Réunion et le choix de la transition énergétique

La Réunion, jusqu'ici très dépendante des énergies fossiles, prépare sa « révolution verte ». Actuellement, l'électricité de l'île (…) est tissue à 36% de centrales à charbon et à 33% de turbines fonctionnant au fioul lourd, pour 31% d'énergies renouvelables (…). Comme les autres départements ultramarins, la Réunion doit gérer localement ses besoins en électricité : ceux de ces 860 000 habitants, des entreprises et des collectivités (…). La PPE (1) fixe comme objectif, pour 2028, une production électrique assurée à 38% par la biomasse solide et à 17% par du biocarburant. L'énergie hydraulique (…) représentera 16%. La part prise par le photovoltaïque devrait atteindre 18% et l'éolien terrestre 4% (…). Reste le poids des énergies fossiles dans les transports, qui représentent 2/3 de la consommation finale d'énergie. Dans une île où la voiture est encore reine et où le transport collectif est peu performant, l'ambition est de hisser la part de ce dernier de 7 à 14% avec la construction de « voies guidées » (trams et bus), de téléphériques et de pistes cyclables. La PPE réunionnaise entend aussi multiplier par 16 le nombre de véhicules électriques d'ici à 2028.

Jérôme Talpin, « La Réunion vise une production d'électricité 100% renouvelable en 2023 », Le Monde, 18 décembre 2020

(1) Programmation pluriannuelle de l'énergie : document de pilotage de la transition énergétique en France

En Guadeloupe, personne ne peut ignorer la réalité du changement climatique : presque à vue d'œil, le niveau de la mer monte et les plages reculent. Les projections prévoient une élévation moyenne des températures de 2° à 4,3°, et des modifications du contraste saisonnier des précipitations, probablement accompagnées de cyclones plus violents. Avec des conséquences importantes sur l'agriculture, sur la culture de la canne à sucre notamment, et sur le tourisme. La région et l’ADEME se sont très vite mobilisées pour construire des stratégies d'adaptation. Première étape : l'amélioration de la connaissance des phénomènes sur l'archipel, et notamment des informations sur le climat.

En parallèle, l’ADEME finance des études : sur une agriculture climato-résiliente, par exemple, ou sur le coût des impacts littoraux en contexte de changement climatique. L’ADEME anime par ailleurs via le réseau adaptation au changement climatique en Guadeloupe, réunissant tous les acteurs concernés du monde économique, institutionnel ou associatif. Objectif : impulser une dynamique territoriale, basée sur le partage des expériences et des solutions mises en œuvre. Dans ce cadre, les formations sont proposées, dont certaines seront mutualisées avec la Martinique et la Guyane.

ADEME (Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), Le Mag, juillet-août 2018

Les aires protégées en Guadeloupe et à la Martinique
 
La prévention des tsunamis aux Antilles françaises