La pollution au chlordécone
Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, un insecte ravageur pour ces cultures. C'est une substance toxique pour l'homme. Des études toxicologiques (…) ont pu montrer des effets néfastes sur le système nerveux, la reproduction, le système hormonal et le fonctionnement de certains organes (foie, rein, cœur…). L'expertise (…) publiée en 2021a conclu à la présomption forte d'un lien entre l'exposition au chlordécone de la population générale et le risque de survenue de cancers de la prostate.
Utiliser durant 20 ans, le chlordécone a entraîné une pollution des sols, de l'eau des rivières et du milieu marin proche des secteurs où il a été utilisé. Il peut ainsi être retrouvé dans certaines denrées végétales ou animales, ainsi que dans les eaux des sources (…). De nombreux aliments locaux, principalement les légumes racines, les poissons et crustacés, les œufs issus de poulaillers de particuliers peuvent être contaminés, surtout dans certaines zones réputées contaminées du fait de la présence ancienne de bananeraies (…). Dans la population générale, le chlordécone a été détecté chez plus de 90% des individus.
« Chlordécone aux Antilles : les risques liés à l'exposition alimentaire », Anses, 09 décembre 2022
Frédérique Schneider, « Vers un label zéro chlordécone en Martinique », La Croix, 12 avril 2018.
La Réunion et le choix de la transition énergétique
La Réunion, jusqu'ici très dépendante des énergies fossiles, prépare sa « révolution verte ». Actuellement, l'électricité de l'île (…) est tissue à 36% de centrales à charbon et à 33% de turbines fonctionnant au fioul lourd, pour 31% d'énergies renouvelables (…). Comme les autres départements ultramarins, la Réunion doit gérer localement ses besoins en électricité : ceux de ces 860 000 habitants, des entreprises et des collectivités (…). La PPE (1) fixe comme objectif, pour 2028, une production électrique assurée à 38% par la biomasse solide et à 17% par du biocarburant. L'énergie hydraulique (…) représentera 16%. La part prise par le photovoltaïque devrait atteindre 18% et l'éolien terrestre 4% (…). Reste le poids des énergies fossiles dans les transports, qui représentent 2/3 de la consommation finale d'énergie. Dans une île où la voiture est encore reine et où le transport collectif est peu performant, l'ambition est de hisser la part de ce dernier de 7 à 14% avec la construction de « voies guidées » (trams et bus), de téléphériques et de pistes cyclables. La PPE réunionnaise entend aussi multiplier par 16 le nombre de véhicules électriques d'ici à 2028.
Jérôme Talpin, « La Réunion vise une production d'électricité 100% renouvelable en 2023 », Le Monde, 18 décembre 2020
(1) Programmation pluriannuelle de l'énergie : document de pilotage de la transition énergétique en France
En parallèle, l’ADEME finance des études : sur une agriculture climato-résiliente, par exemple, ou sur le coût des impacts littoraux en contexte de changement climatique. L’ADEME anime par ailleurs via le réseau adaptation au changement climatique en Guadeloupe, réunissant tous les acteurs concernés du monde économique, institutionnel ou associatif. Objectif : impulser une dynamique territoriale, basée sur le partage des expériences et des solutions mises en œuvre. Dans ce cadre, les formations sont proposées, dont certaines seront mutualisées avec la Martinique et la Guyane.
ADEME (Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), Le Mag, juillet-août 2018