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ngd
Photo diffusée le 23 octobre 2019 par l'agence nord-coréenne Kcna du leader nord-coréen Kim Jong Un (g) visitant le complexe touristique du mont Kumgang.
En juin, Pyongyang a détruit le bureau de liaison intercoréen situé sur son sol et financé par Séoul, un des symboles de la détente sur la péninsule, affirmant n'avoir aucun intérêt à négocier. "Le régime de M. Kim aura du mal à trouver les ressources nécessaires pour réaménager le mont Kumgang et a besoin d'investissements extérieurs, mais ainsi il signifie qu'il accorde moins d'importance à ses partenaires sud-coréens", a estimé Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul. Pour lui, c'est également pour M. Kim une manière de mettre la pression sur l'administration du président sud-coréen Moon Jae-in afin de renouer avec les retombées financières du Sud.
Magazine Challenges, 20 décembre 2020.
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yannmorel
Lorsque l’on quitte les derniers faubourgs de Séoul en direction du nord, la campagne, sur le flanc gauche de l’autoroute, est hérissée sur des kilomètres de grillages métalliques surmontés de barbelés. A une soixantaine de kilomètres de la capitale sud-coréenne, Panmunjom, « le village au pont de bois », est situé au milieu de la zone dite « démilitarisée » (demilitarized zone, DMZ), la bande de terre de 4 kilomètres de large qui, telle une lézarde dans un mur, traverse la péninsule d’Est en Ouest sur 247 kilomètres et sépare ainsi les deux Corées.
Avant d’être rayé de la carte au cours de la guerre de Corée (1950-1953), Panmunjom était un hameau agricole. L’Histoire en fit par la suite une sorte de no man’s land sur la ligne de front. C’est ici que se tinrent, à l’époque, les laborieux pourparlers d’un armistice qui, même s’il fut signé en 1953, ne fut jamais suivi d’un traité de paix. Seul point de contact entre le Nord et le Sud, Panmunjom accueille aujourd’hui les baraquements bleu ciel des Nations unies, chargées de surveiller l’application de l’armistice avec, de part et d’autre, deux pavillons. Celui du Sud, baptisé « Pavillon de la Liberté », sera le théâtre, vendredi 27 avril, de la rencontre entre le dirigeant nordiste Kim Jong-un et le président sudiste Moon Jae-in. Kim Jong-un deviendra ainsi le premier dirigeant suprême nord-coréen à franchir la ligne de démarcation.
Avant de parvenir à la DMZ en provenance de Séoul, on pénètre dans « l’aire de contrôle civil », une zone tampon d’une dizaine de kilomètres de profondeur qui s’étend tout au long de la ligne de démarcation. Son accès est réglementé : seuls y vivent des agriculteurs nés sur place, qui représentent quelques dizaines de milliers d’habitants. Les environs dégagent un étrange charme champêtre : la circulation est quasi inexistante, le paysage de collines et de rizières est vierge de toute publicité. Ce cadre bucolique coexiste avec un lourd dispositif de sécurité : camps militaires, check points, énormes blocs de béton antichars disposés de part et d’autre de la route et prêts à être dynamités en cas d’attaque pour bloquer le passage ; sans compter, çà et là, des batteries d’artillerie camouflées dans les feuillages. (...)
La DMZ n’a de « démilitarisé » que le nom. En réalité, deux armadas se font face, et le corridor de séparation lui-même est truffé de mines. Du côté sud-coréen, un double grillage électrifié, surmonté de barbelés et éclairé de nuit par des projecteurs, est jalonné de miradors, de bunkers et de haut-parleurs déversant par moments des décibels de propagande. Il en va de même de l’autre côté, mais le paysage y est plus morne, et la population civile invisible.
En Corée du Nord, la route étroite qui mène de la ville de Kaesong à Panmunjom, à une dizaine de kilomètres de là, est bordée par endroits de murs de brique et de portiques de béton (protections antichars, comme au Sud). Le « décor » devient plus avenant à mesure que l’on approche de la DMZ. Sur le chemin, on peut visiter le modeste bâtiment blanc où eurent lieu, deux ans durant, des pourparlers de cessez-le-feu entre Américains et Coréens du Nord, tandis que se poursuivait une guerre de position. Au total, les combats firent 4 millions de morts, dont la moitié de civils. Un bilan d’autant plus tragique que chaque camp a fini par revenir, plus ou moins, à ses positions.
Selon l’officier de l’Armée populaire en uniforme vert olive chargé d’escorter les visiteurs dans la salle de signature de l’armistice, « c’est ici que les impérialistes américains ont capitulé devant les héroïques Coréens ». Non loin de là, une affiche de propagande montre une main gigantesque broyant un soldat américain. Un « Musée de la paix » présente, documents et photos à l’appui, les « horreurs commises par les Américains », dont des bombardements – avérés – au napalm. Puis on parvient au pavillon Panmungak, de style stalino-maoïste des années 1950, qui fait face, du côté sud, au Pavillon de la Liberté au toit en soucoupe inspiré de l’architecture traditionnelle. De sa terrasse, on domine la « zone commune de sécurité » (Joint Security Aera, JSA), un espace circulaire de 1 km² au centre duquel se dressent les trois baraquements bleu ciel des Nations unies. La ligne de démarcation, signalée avec soin, les traverse dans le sens de la largeur.
Dans un pays comme dans l’autre, Panmunjom est un haut lieu touristique. Au Sud, 150 000 visiteurs sont reçus chaque année. Au Nord, les statistiques manquent, mais le site figure au programme de tout séjour en République populaire démocratique de Corée (RPDC). Au quotidien, cela donne un étonnant ballet de visites guidées : à tour de rôle, des groupes restreints de touristes pénètrent dans les baraquements des Nations unies, dont la porte opposée est fermée et gardée par deux militaires en faction, afin d’écouter debout les explications débitées à une cadence de mitrailleuse par les officiers accompagnateurs.
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yannmorel
Corée: regain de tension sur la frontière la plus militarisée au monde
Après des échanges de tirs à la frontière inter-coréenne, la commission militaire des Nations unies, en charge de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, rapporte ce dimanche 24 août, une intrusion de soldats nord-coréens du côté Sud. Dans le même temps, le régime a testé de tout nouveaux missiles anti-aérien.
Trente soldats nord-coréens ont fait irruption au Sud avant d'être repoussés par des tirs de sommation de l'armée sud-coréenne. C'était ce samedi 23 août. D'après une enquête menée par la commission militaire des Nations unies, ces trente hommes ont franchi par erreur la ligne de démarcation alors qu'ils construisaient de nouvelles fortifications, rapporte notre correspondant à Séoul, Celio Fioretti. La Corée du Nord avait même averti en amont les Nations unies de tels travaux.
Dans le même temps, le régime nord-coréen montre une nouvelle fois les muscles en testant deux nouveaux missiles anti-aérien d'une « technologie unique » souligne les médias d'État nord-coréens, sans donner plus de précisions. Les tirs d'essai, qui ont eu lieu le 23 août, ont démontré que ces nouveaux systèmes antimissiles nord-coréens avaient une « capacité de combat supérieure », a rapporté l'agence nord-coréenne KCNA précisant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un les avait supervisés, sans préciser où ces tests avaient été menés.
Nouvelles menaces nord-coréennes
Cette annonce intervient peu après une mise en garde lancée par Pyongyang, doté de l'arme nucléaire, contre le risque d'une confrontation « incontrôlable » à la suite de tirs de sommation, le 19 août, de l'armée sud-coréenne en réponse à la brève incursion des troupes de Pyongyang.
L'incident frontalier a été révélé par la Corée du Nord au premier jour d'un déplacement à l'étranger, à Tokyo puis à Washington, du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung qui tente de renouer le dialogue entre son pays et son voisin, toujours techniquement en guerre.
Les États-Unis et la Corée du Sud sont actuellement en plein exercices militaires aériens pour se défendre en cas d'attaque du Nord. Entamés le 18 août, ces exercices militaires conjoints doivent s'achever le 28 août. Dans le même temps, le président sud-coréen a rencontré le Premier ministre japonais pour renforcer leur coopération face à la Corée du Nord.
Les deux Corées techniquement toujours en guerre
Les deux Corées restent techniquement en guerre depuis plus de sept décennies, le conflit qui les a opposées de 1950 à 1953 s'étant achevé par un armistice, et non par un traité de paix. Les relations entre Pyongyang et Séoul sont au plus bas depuis plusieurs années, après que le Nord a lancé une série de missiles balistiques en violation des sanctions de l'ONU l'an dernier.
Mais la tonalité a changé, côté sud-coréen, depuis l'élection début juin de Lee Jae-myung au terme de la longue période de chaos politique provoquée par son prédécesseur Yoon Suk Yeol, qui avait brièvement déclaré la loi martiale en décembre. Le nouveau dirigeant s'est dit prêt à un dialogue sans condition préalable avec Pyongyang, qui a rejeté pour l'instant ses appels au rapprochement.
Il sera reçu lundi 25 août à la Maison Blanche par Donald Trump qui lors de son premier mandat avait rencontré à trois reprises Kim Jong Un, sans avancée majeure. Pyongyang n'a jamais fléchi ses programmes nucléaire et balistique militaires. Environ 28 500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud pour l'aider à se protéger de la Corée du Nord.
RFI avec AFP, publié le 24 aout 2025
