Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
THEME 1 :
L'INEGALE INTEGRATION DES TERRITOIRES DANS LA MONDIALISATION
Question obligatoire :
Des dynamiques territoriales contrastées au sein de la mondialisation
Les inégalités socio-spatiales au sein d'une métropole : l'exemple de Chicago)
 
Les quartiers en péripéhries de Nairobi (Kenya)
 
Shrinking city, ville en déclin, ville rétrécissante

Le terme de « shrinking city », traduit par ville rétrécissante ou ville en déclin désigne les conséquences d'un phénomène de rétrécissement urbain, le shrinkage, qui touche les villes sur trois plans : démographique, par la perte de population ; économique, par la perte d'activités, de fonctions, de revenus et d'emplois ; et social, par le développement de la pauvreté urbaine, du chômage et de l'insécurité. Les shrinking cities sont d'abord associées au « déclin urbain » ou encore à la « décroissance urbaine » des villes industrielles états-uniennes et allemandes (schrumpfende Städte) dans les années 1970-1980 et touchent désormais un certain nombre de grandes villes du monde, d'abord européennes et, depuis les années 1990, des pays émergents.

Ainsi, par exemple les shrinking cities de la Rust Belt sont marquées depuis les années 1970 par la désindustrialisation et par la perte d'activités, de revenus et d'emplois, ainsi que par le déclin démographique, tant au profit des suburbs que des villes de la Sun Belt. Baltimore, Cincinnati et Philadelphie ont ainsi perdu plus de 20 % de leur population entre 1970 et 2000 ; Détroit, Cleveland, Pittsburgh et Buffalo plus de 30 % et Saint-Louis 44 %. Dans ces villes, le tissu urbain hérité est aujourd'hui surdimensionné par rapport au nombre d'habitants, et beaucoup de logements sont vides (les vacants en anglais).

Le phénomène de rétrécissement peut se concentrer sur certains quartiers des villes en déclin : on parle de « shrinking neighborhoods » aux États-Unis. Il s'agit alors souvent des ghettos noirs des villes du Nord-Est.

Les shrinking cities sont souvent liées à la périurbanisation, qui engendre conflits et crises financières dans les villes-centres. Mais l’étalement urbain ne traduit pas nécessairement une perte de richesse et permet une approche des shrinking cities moins catastrophiste que celle du « déclin urbain ».

À l’échelle globale, les shrinking cities peuvent être analysées comme une manifestation spatiale de la mondialisation pour les villes n'arrivant pas à trouver leur place dans l'internationalisation de la compétitivité économique et peinant à se connecter aux réseaux globaux. Une autre interprétation s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle certaines sociétés comme la société allemande, voire européenne connaissent un « tournant démographique » dont les répercussions se lisent sur le plan spatial.

Site Géoconfluences, octobre 2021

Détroit (Etats-Unis), une shrinking city
En raison de la désindustrialisation et de la crise financière de la fin des années 2000, certains quartiers de Détroit ont été délaissés par leurs habitants contraints d'aandonner leur logement pour rembourser leurs dettes. Les maisons tombent en ruine, les raser côute souvent moins cher que de les rénover.

Shrinking city ("ville en décroissance") : ville marquée par un déclin démographique et économique (perte de population et d'emplois, hausse de la pauvreté)
 
Des quartiers nettement séparés entre villas et townships* (Primrose, dans l'est de la ville)
Les townships, quartiers hérités de la période d'apartheid, étaient réservés aux populations non blanches, et séparés des quartiers blancs par des zones tampons (route, voie ferrée, clôture, etc.). Ils sont caractérisés par de l'habitat formel mais aussi informel (construit illégalement, souvent avec des matériaux de récupération).
 
L'archipel méégalopolitain mondial
 
L'inégale intégration de l'agglomération d'Abidjan (Côte d'Ivoire)
 
Detroit, une ville en crise
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Urbanisation et pauvreté urbaine
Liée à des formes de marginalisation dans les pays occidentaux, la pauvreté urbaine ne régresse pas automatiquement avec l'émergence économique des pays en développement (PED). Si certains indices s'améliorent depuis 30 ans, les critères "multidimensionnelles" fondés sur les conditions de vie concrètes (comme l'habitat ou l'accès aux services de base) révèlent la permanence d'une pauvreté de masse dans les PED.
C'est en ville que les concentrations de pauvres sont les plus grandes. La pauvreté urbaine est souvent liée au bas coût et à la flexibilité du travail des migrants ruraux. La part de l'emploi informel tend à augmenter dans certains pays émergents comme le Mexique ou l'Inde (90% d'emplois sans contrat). Nombre des activités informelles urbaines sont pourtant connectéées à l'économie globalisée. Les citatdins pauvres jouent un rôle actif dans la production de services adaptés aux modes de vie urbains.
Les plus précaires ne peuvent compter que sur la force de travail familiale, enfants compris, ce qui entretient la spirale de la pauvreté. Pour éviter sa transmission intergénérationnelle, l'éduction est ciblée comme un outil prioritiare de "renforcement des capacités" '(selon la théorie d'Amartya Sen) et l'Organisation internationale du travail (OIT) a lancé un Programme international pour l'abolition du travail des enfans.
Elisabeth Dorier (dir.), "L'urbanisation du monde", La Documentation photographique, n°8125, sept-oct 2018