Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
THEME 1 :
L'INEGALE INTEGRATION DES TERRITOIRES DANS LA MONDIALISATION
Question obligatoire :
Des dynamiques territoriales contrastées au sein de la mondialisation

L'expression "pays les moins avancés" (PMA) désigne un groupe d'États confrontés à des défis de développement particulièrement aigus. Ces pays, identifiés par l'Organisation des Nations Unies (ONU), nécessitent un soutien international spécifique pour surmonter la pauvreté et les vulnérabilités qui entravent leur progrès économique et social. Cet article explore la définition des PMA, les critères utilisés pour leur identification, les défis auxquels ils sont confrontés, et les efforts déployés par la communauté internationale, notamment la Banque Mondiale, pour les aider à atteindre un développement durable.

Définition et Critères d'Identification des PMA

L'expression "pays les moins avancés" (PMA) a été forgée en 1971 par le Conseil Économique et Social de l’ONU (CESNU, ECOSOC en anglais). Les PMA sont définis comme les États les plus pauvres et les plus vulnérables de la communauté internationale face aux aléas économiques, environnementaux, humains et épidémiques. L'ONU les identifie en fonction de trois critères cumulatifs :

  1. Revenu National Brut (RNB) par habitant inférieur à un certain niveau : Ce critère économique reflète le niveau de richesse moyen disponible par personne dans le pays.
  2. Indice du Capital Humain (ICH) faible : Cet indice composite prend en compte des aspects liés à la santé (taux de mortalité, retards de croissance) et à l'éducation (scolarisation dans l'enseignement secondaire, parité entre les sexes en matière d'éducation, taux d'alphabétisation des adultes).
  3. Indice de Vulnérabilité Économique et Environnementale (IVE) élevé : Cet indice mesure la vulnérabilité des pays aux chocs économiques et environnementaux, en tenant compte de facteurs tels que la part du secteur agricole dans le produit intérieur brut (PIB), la diversité des produits exportés, l'instabilité de la balance commerciale, la densité de la population et la proportion de la population victime de catastrophes naturelles.

Une liste des PMA est établie en fonction de ces critères par le comité des politiques de développement, un groupe d'experts indépendant rattaché aux Nations Unies. Cette liste est revue tous les trois ans pour tenir compte des changements dans la situation économique et sociale des pays.

Composition et Évolution de la Liste des PMA

En 1971, la liste des PMA comptait 25 pays. Depuis, ce nombre est passé à 49. En 2024, la liste des PMA comprenait :

  • 34 pays en Afrique : Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, République centrafricaine, Comores, République démocratique du Congo, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée-Équatoriale, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Ouganda, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie.
  • 8 pays en Asie
  • 3 pays en Océanie
  • 1 pays dans les Antilles

Il est important de noter que l'inscription sur la liste proposée par l'ONU est soumise à l'approbation des gouvernements. Cela peut expliquer pourquoi certains pays, tels que le Zimbabwe, la Bolivie ou la Corée du Nord, n'en font pas partie.

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Huit pays ont réussi à s'extraire de cette catégorie : le Botswana (1994), le Cap-Vert (2007), les Maldives (2011), les Samoa (2014), la Guinée Équatoriale (2017), le Vanuatu (2020), le Bhoutan (2023) et São Tomé-et-Principe (2024). Le Soudan du Sud l’a intégrée en 2011. Plusieurs pays en attente de sortie sont finalement prolongés, notamment en raison de la pandémie de covid-19. Parmi eux, l'Angola, le Bangladesh, le Laos, le Népal et les Îles Salomon.

Défis et Vulnérabilités des PMA

Les PMA sont confrontés à une multitude de défis qui entravent leur développement. Ces défis incluent :

  • Pauvreté extrême : Une grande partie de la population des PMA vit dans des conditions de pauvreté extrême, avec un accès limité aux besoins essentiels tels que l'alimentation, l'eau potable, les soins de santé et l'éducation.
  • Vulnérabilité économique : Les économies des PMA sont souvent peu diversifiées et fortement dépendantes de l'exportation de matières premières, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux.
  • Vulnérabilité environnementale : Les PMA sont particulièrement exposés aux effets du changement climatique, tels que les sécheresses, les inondations et les tempêtes, qui peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur leur agriculture et leurs infrastructures.
  • Instabilité politique et conflits : De nombreux PMA sont touchés par des conflits armés, des tensions politiques et une gouvernance faible, ce qui entrave leur développement économique et social.
  • Faible capital humain : Les PMA ont souvent des niveaux d'éducation et de santé faibles, ce qui limite leur capacité à développer une main-d'œuvre qualifiée et à améliorer la qualité de vie de leur population.
  • Endettement élevé : De nombreux PMA supportent une dette extérieure extrêmement élevée par rapport à leur produit national brut (PNB).
Haïti : le pays le plus pauvre d'Amérique latine et des Caraïbes • FRANCE 24
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La République démocratique du Congo : un pays riche en ressources mais marginalisé
 
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Le rapport sur les pays les moins avancés de 2022
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Pourquoi la RD Congo est-elle si pauvre malgré ses immenses ressources naturelles ?
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L'indice de mondialisation des Etats en 2025
 

Le secteur informel en Afrique

L'économie informelle représente encore en Afrique jusqu'à 50% du PIB de certains pays. Ces activités menées en dehors de toute réglementation sont souvent le seul moyen de subsistance de la population. Un sujet délicat, tant les équilibres sont précaires sur le continent. Les rues des métropoles africaines en témoignent mieux que les études les plus savantes, l'économie informelle est omniprésente en Afrique. Coiffeurs de rue, vendeurs de téléphone, marchands de fruits, moto taxi… toutes ces activités sont en effet souvent menées en dehors de toute réglementation. Cette absence de règles (enregistrement des commerces, enregistrement des salariés, taxes, impôts, cotisations sociales) est ce qui caractérise l'économie informelle. Contrairement à l'économie souterraine qui concerne des activités illégales, l’économie informelle regroupe toutes les activités légales menées en dehors de toute réglementation (…). Mais cette économie informelle a un prix. Sans structuration de l'économie, les États ne peuvent engager les grandes réformes dont l'Afrique a besoin : développement de l'éducation et de la formation, développement des infrastructures (électricité, routes, transports), développement des services sociaux de santé.

Afrique économie, août 2017

Une inégale intégration dans la mondialisation