Les BRICS+ et leurs partenaires : un acteur rival des pays du Nord ?
Forgé en 2009, le groupe des BRIC fédérait initialement le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine dans une initiative économique regroupant les États majeurs souhaitant développer une alternative au G7 (…). Il s'est élargi en 2011 à l'Afrique du Sud, adoptant sa dénomination actuelle de BRICS. Ce groupe plaide pour une refondation des organisations financières internationales, l'élargissement du Conseil de sécurité de l'ONU et la mise en place d'un ordre politique « plus équitable et plus juste », visant notamment la dédollarisation des échanges (…).
Une première vague d'élargissement (01 janvier 2024) se concentre sur le Moyen-Orient, car cette région (…) répond à la priorité stratégique de la Chine : son approvisionnement en hydrocarbures, soulignant ainsi le poids de Pékin dans l'Organisation. Elle englobe l'Iran, (…) les Émirats arabes unis, l'Égypte et l'Éthiopie (…). L'Indonésie, qui contrôle les détroits de Malacca et de la Sonde et reste un important producteur de pétrole (…), devient membre à part entière le 1er janvier 2025.
C'est à cette même date qu’est créé le statut de « partenaires », (…) illustrant la stratégie mondiale d'implantation des BRICS+ qui vise à la fois à échapper à la mainmise occidentale et aux sanctions internationales (pour l'Iran et la Russie), tout en s'ouvrant sur de nouveaux marchés. C'est cette même logique qui a poussé les BRICS+ à mettre en place une nouvelle Banque de développement (…) pour constituer à terme une réserve de devises et fournir des prêts hors FMI aux économies émergentes.
Si la Russie, la Chine et l'Inde se considèrent comme les 3 éléments moteurs des BRICS+, c'est indéniablement la Chine qui s'est imposée comme le leader de ce groupe (…). Dans la rhétorique du Kremlin et de Pékin, l'élargissement des BRICS+ illustre la montée en puissance du Sud global, perçu comme une alternative à l'hégémonie (très fragilisée) occidentale. Les BRICS+ sont en quelque sorte le groupe des puissants du Sud que la Chine et la Russie voudraient utiliser pour asseoir leur leadership. La volonté de multi-alignement de nombreux membres et l'antagonisme stratégique entre New Delhi et Pékin marquent cependant les limites de cet agenda.
Il n'empêche que ce processus d'élargissement illustre le jeu de go mondial que mène la Chine pour retrouver sa place de première puissance devant les États-Unis.
Un pays émergent est un pays qui voit sa croissance économique augmenter et se développer très rapidement. En général, ce sont des pays du sud. Auparavant, on a utilisé le mot NPI ou Nouveau Pays Industrialisé pour appeler les quatre dragons d’Asie qui sont la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hongkong. Ce sont les premiers pays qui aient vu leur économie se développer promptement. Après cette première génération, d’autres groupes de pays appelés Bébé tigre se rajoutent à cette liste de pays émergents. Ce groupe de pays est composé de Thaïlande, Philippines et la Malaisie. En 2001, la Goldman Sachs crée le mot BRIC pour appeler les 4 pays émergents composés du Brésil, Russie, Inde et Chine. En 2010, l’Afrique du Sud rejoint les 4 pays et le BRIC devient BRICS.
En général, les pays émergents se distinguent par un développement économique impressionnant. En effet, par rapport au pays développé, leur taux de croissance est assez élevé. Ce développement est dû à une nouvelle politique qui est tourner vers un commerce extérieur. C’est-à-dire avoir d’importants excédents commerciaux pour faire un investissement. Rachetées des industries dans les pays développés, des entreprises qui ont des problèmes financiers ou des technologies pour ensuite faire tourner en faveur de l’économie du pays émergent.
Les pays émergents se caractérisent aussi par une population nombreuse très active et jeune. L’abondance des populations entraîne une croissance démographique très élevée par rapport à celle des pays développés.
Il y a aussi l’abondance des ressources naturelles comme l’agriculture, les mines, la forêt… ce qui constitue une richesse naturelle non exploitée.
Les investisseurs étrangers sont attirés vers les pays émergents à cause de l’abondance de main-d’œuvre et une rémunération moins coûteuse par rapport à celle des pays développés. Donc, dans ces pays, il y a beaucoup d’industrie, notamment l’industrie textile. Cela influence le budget de l’État par le biais des taxes que ces industries doivent payer, ce qui va avoir un très grand impact sur l’économie en général du pays. La création d’entreprises entraîne des emplois à des millions de populations, qui engendrent une augmentation de leur niveau de vie et diminuent le taux de chômage.
L’État joue aussi un très grand rôle dans le développement des pays émergents. Il laisse libre l’entrée des investisseurs dans leur pays et fait un investissement à leur tour dans les développés.
Les BRICS+ sont un groupe géopolitique regroupant dix pays du « Sud global », notamment des grands émergents (Brésil, Chine, Inde, Indonésie), des puissances régionales (Afrique du Sud, Égypte, Iran, Russie), d'une pétromonarchie (Émirats arabes unis) et d'un État précaire à forte croissance économique (Éthiopie).
L'acronyme BRICS désigne initialement le rapprochement de quatre pays aux vastes territoires, les BRIC : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, auxquels s'est intégré l'Afrique du Sud en 2011. Depuis le sommet de Iekaterinbourg en 2009 (Capdepuy, 2024), le groupe des BRICS a pris la forme d'une conférence diplomatique à part entière, donnant lieu à un sommet par an, se déroulant à tour de rôle dans chacun des cinq États. Le but de ces sommets est d'affirmer la place majeure de ces pays sur la scène internationale, et de mettre en scène leur poids économique et politique, en particulier au regard d'autres États ou groupes d'États comme les États-Unis ou l'Union européenne. Le 1er janvier 2024, le groupe s'est élargi à cinq nouveaux membres (BRICS+), ce qui représente un basculement important dans son histoire : Arabie saoudite, Égypte, Émirats arabes unis, Éthiopie, et Iran. Cela porte le nombre de membres de cinq à dix (Loïzzo, 2023). Finalement, l'Arabie saoudite n'a toujours pas finalisé son adhésion au 1er janvier 2025, tandis que l'Indonésie a rejoint le groupe.
C'est surtout à partir de 2011, avec la tenue régulière de sommets et l'entrée de l'Afrique du Sud, que les BRICS sont devenus un groupe officiel. Sur le plan économique, ils se sont également dotés en 2014 d'une banque de développement, la Nouvelle banque de développement, basée à Shanghai. Parmi les thèmes qui ont pu être au centre de leurs préoccupations, on trouve la lutte contre le protectionnisme de certains de leurs partenaires du G20 (G8 élargi) ou la réforme de la gouvernance du Fonds monétaire international (FMI) et du Système monétaire international. Ils ont pu également faire front commun contre certaines contraintes environnementales internationales jugées pénalisantes pour leurs économies. D'une manière générale, les BRICS sont l'une des instances promouvant une reconnaissance de la multipolarité des équilibres économiques et politiques mondiaux, en rupture avec les organisations héritées de l'après Seconde guerre mondiale.
Les quatre BRICS initiaux ont des points communs : population nombreuse et une vaste superficie (ils sont classés dans les dix pays les plus vastes et les plus peuplés du monde), importantes ressources naturelles (minerais, énergie, forêts, agriculture, pêche...), émergence d'une classe moyenne, croissance élevée, et insertion récente et rapide dans les circuits économiques mondiaux. L'Afrique du Sud tient à ce titre une place à part, mais importante en terme de symbole politique. Les différences et les divergences n'en sont pas moins importantes entre ces différents pays. Régimes politiques démocratiques ou autoritaires, démographies dynamiques face au déclin démographique russe, situations économiques très variées (capacités de recherche et d'innovation, poids industriels inégaux)...
Source : Géoconfluences