L’essor du terrorisme globalisé dans les années 1970 correspond à une époque où les groupes terroristes commencent à coopérer internationalement et à profiter d’une couverture médiatique accrue pour atteindre des cibles à l’échelle mondiale. À cette époque, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) sous Yasser Arafat, voyant l’abandon de la Palestine par l’Égypte, se tourne vers le terrorisme comme outil politique pour attirer l’attention internationale, notamment avec la prise d’otages des Jeux olympiques de Munich en 1972 par Septembre Noir. Ce phénomène de coopération transnationale devient de plus en plus courant avec la création de liens entre l’OLP et d’autres mouvements tels que l’Armée rouge japonaise, comme le montre le détournement d’un avion japonais en 1972. Ce type de terrorisme globalisé se complexifie et devient un moyen d’action de choix pour les groupes qui manquent de ressources, mais qui cherchent à obtenir une visibilité internationale et un impact psychologique significatif.
À la fin des années 1990, le terrorisme devient une stratégie asymétrique contre les grandes puissances, culminant avec les attaques du 11 septembre 2001 par Al-Qaïda, qui frappe les États-Unis en plein cœur et fait plus de 2 900 victimes. Cet événement change la nature de la menace, puisque le terrorisme n’est plus seulement un problème régional mais une véritable menace mondiale qui mobilise des moyens logistiques et financiers importants. À travers des attentats spectaculaires, ces groupes exploitent l’impact médiatique pour promouvoir leur cause et cherchent à s’inscrire dans une lutte qui transcende les frontières nationales. Le terrorisme devient ainsi un moyen de guerre médiatique, visant autant à frapper des cibles que les esprits, comme l’illustre le commentaire d’Al-Zawahiri, successeur de Ben Laden, qui qualifie le “djihad médiatique” de moitié de la bataille.
Sur le plan géopolitique, le terrorisme contemporain est alimenté par une combinaison d’idéologies radicales, de conflits religieux et de stratégies politiques visant à atteindre des objectifs spécifiques par la violence. Les motivations de groupes comme Al-Qaïda ou l’État Islamique (ISIS) reposent sur une interprétation extrémiste de la religion, où la violence est perçue comme un moyen légitime d’atteindre un but spirituel et politique, tel que l’établissement d’un califat pour ISIS. L’idéologie joue un rôle crucial, justifiant une violence sans limite contre ceux considérés comme “apostats”.
La montée de groupes terroristes à fort engagement religieux est un phénomène accru par la sécularisation, qui affaiblit les institutions religieuses traditionnelles et favorise l’adhésion à des mouvements sectaires à fort impact psychologique. Dans les régions comme le Moyen-Orient, l’Afrique de l’Ouest et le Caucase, des organisations comme Boko Haram, AQMI et les Talibans adaptent leur stratégie en fonction des dynamiques locales, se finançant par des moyens variés, y compris le trafic de drogue, le racket et la contrebande. La lutte contre ces menaces exige des réponses coordonnées entre États, d’où la multiplication des agences antiterroristes depuis le début des années 2000, notamment avec la création de Homeland Security aux États-Unis et des institutions européennes comme Europol. Cependant, malgré ces efforts, la lutte contre le terrorisme reste complexe en raison de sa nature décentralisée et de son évolution rapide. Le terrorisme continue à défier les réponses conventionnelles des États, posant la question de la gestion de la sécurité dans un monde de plus en plus globalisé où la coopération internationale reste cruciale pour endiguer la violence et protéger les populations.