Chapitre 2 :
Objectif :
· Caractériser et analyser le degré de rayonnement et d’attractivité de la France à l’échelle mondialeDéroulement :
· 2 heures de travail en autonomie en classe
La langue, un outil de puissance
A partir de l'héritage linguistique se met en place dans les années 1960 un dispositif institutionnel dans les domaines linguistique, éducatif et culturel (1). Peu à peu se construit alors une « Francophonie » politique, désormais avec une majuscule, virgule entre « pays ayant le français en partage ». Cette Francophonie rassemble 88 Etats et gouvernements dans le cadre de l'Organisation internationale de la francophonie dotée d'instances politiques décisionnelles et de TV 5, une chaîne de télévision francophone. Si les critères d'adhésion à l'Organisation ne sont pas seulement linguistiques, comme en témoigne l'incorporation du Qatar (2012), et l'octroi du statut d'observateur à de nombreux pays d'Amérique latine, les membres doivent faire preuve d'une situation satisfaisante au regard de l'usage du français. Le partage de certaines valeurs communes (démocratie, bonne gouvernance, paix) est en revanche devenu fondamental et explique l'exclusion en 2009 de Madagascar, du Mali en 2012 ou la suspension de la Thaïlande en 2014. L'OIF tente aussi de jouer de son influence au niveau diplomatique en tant qu'observateur de l'ONU, ou en nouant le dialogue avec d'autres organisations internationales. Elle peut donc être considérée comme un instrument non négligeable de la politique extérieure de la France, qui reste son principal contributeur avec près des 3/4 du budget. Toutefois, l’OIF sert aussi à des minorités nationales, comme le montre la participation du gouvernement du Québec, à côté du Canada. Regroupant 900 millions de personnes, l'Union francophone ferait-elle désormais la force ?
F. Tétard, Grand Atlas de la France, éditions Autrement, 2 018
(1) 3 chefs d'État africains, Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Habib Bourguiba (Tunisie) et Hamani Diori (Niger) lancent la francophonie institutionnelle, aujourd'hui OIF
| Rang | Langue | Nombre estimé de locuteurs (en millions) | Etat abritant la majorité de locuteurs |
| 1 | Anglais | 1 456 | Etats-Unis |
| 2 | Mandarin | 1 138 | Chine |
| 3 | Hindi | 608.8 | Inde |
| 4 | Espagnol | 559.5 | Mexique |
| 5 | Français | 321 | France |
| 6 | Arabe | 311.6 | Egypte |
| 7 | Bengali | 278.2 | Bangladesh |
| 8 | Portugais | 263.8 | Brésil |
| 9 | Russe | 255.4 | Russie |
| 10 | Ourdou | 237.9 | Pakistan |
Vous l’avez peut-être remarqué en regardant les épreuves des Jeux olympiques de Pyeongchang. Toutes les annoncessont faites en Anglais… et en Français, qui est la 1ère langue officielle de la compétition. […] La langue de Molière est donc la première langue officielle et historique du CIO,ce qui lui donnait « une prééminence au sein des languesdu sport ». À ses côtés, l’anglais, puisque les Anglo-saxons sont à l’origine de plusieurs disciplines. Les panneaux,documents et annonces doivent ainsi être bilingues : anglais et français. […] Outre Pierre de Coubertin, lesFrançais et les francophones ont joué un rôle de premierplan dans l’organisation et le développement du sport auniveau international. Après Coubertin, Jules Rimet (1) et Frantz Reichel (2) se sont aussi beaucoup investis dans la création et l’organisation de compétitions d’envergure internationale.
À partir de la présidence du CIO par l’Américain Avery Brundage, l’anglais a pris une place croissante. En 1972, la langue de Shakespeare est aussi devenue une langue officielle. Jusqu’à dépasser le nombre de membres francophones du CIO. Ce n’est pas pour autant que les Francophones se sontlaissé abattre. Depuis 2004, un « grand témoin de la francophonie » et le Secrétaire général se rendent aux Jeux « pour veiller au respect de la règle 23 de la Charte olympique en vertu de laquelle la langue française est, avec l’anglais, la langue officielle des Jeux olympiques ». […]
Un exemple même du soft power des Francophones, qui pourtant, décline.
France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, 13 février 2018.
1. Jules Rimet (1873-1956) : avocat fondateur de la Fédération internationale de football association (FIFA) et de la Coupe de monde de football.
2. François-Étienne Reichel (dit Frantz) (1871-1932) : journaliste et sportif à l’origine de la fondation de la Fédération française de boxe et de rugby à XV