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Les missions du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères
La mission du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (MEAE) est de représenter, défendre et promouvoir les intérêts de la France et des (…)
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Emmanuel Macron, désavoué en France, impuissant à l’étranger

Désavoué en France depuis la dissolution de juin 2024, Emmanuel Macron a jeté son dévolu sur la diplomatie internationale. Mais s’il reste un “inébranlable optimiste”, le président français continue d’essuyer les déconvenues géopolitiques, à tel point qu’il incarne aujourd’hui la “faiblesse des Européens”, analyse le journal allemand “Der Spiegel”.

Emmanuel Macron a été “piqué au vif” par la dernière sortie de Donald Trump lors du G7 au Canada le 16 juin 2025 – lorsque ce dernier a dit du président français qu’il “ne comprenait jamais rien” –, écrit Der Spiegel. Mais, alors que le président américain est un habitué de ces déclarations à l’emporte-pièce, la réaction de son homologue français “s’explique par la douloureuse expérience de sa propre impuissance sur la scène internationale, que Macron vit en ce moment”, analyse le journal allemand.

Car aujourd’hui, depuis la réélection du magnat new-yorkais à la tête de la première puissance mondiale, la France est “réduite au rang de puissance moyenne”. Une “réalité géopolitique” que le président français a du mal à accepter, juge le magazine hambourgeois

Pour Jacob Ross, analyste du think-tank allemand DGAP interrogé par le Spiegel, “rien ne se passe comme [Macron] le souhaiterait”. En atteste selon lui les avancées limitées de la coalition des volontaires dans la guerre en Ukraine qui montre que “Macron incarne la faiblesse des Européens dans leur ensemble. La politique internationale se fait de plus en plus sans eux.”

À cela s’ajoute le report sine die de la conférence sur la reconnaissance de la Palestine, qui aurait dû être “le plus grand succès diplomatique du chef de l’État français”. Mais cet échec n’était pas imprévisible, loin de là, assure le journaliste allemand Leo Klimm, car le président français s’était lancé “dans ce qui est sans doute la mission diplomatique la plus difficile du monde : la paix au Proche-Orient”.

La disparition de Macron en France

Avec cette nouvelle déconvenue, “le rêve de Macron d’être un homme d’État d’envergure mondiale s’effondre”, estime le rédacteur du Spiegel. Alors que le chef d’État français a largement perdu de son influence en France et que sa popularité est toujours en berne, “politiquement, il ne reste du président que la façade”.

Là où la reconnaissance de la Palestine était l’occasion pour Emmanuel Macron “de revenir de nouveau au premier plan en France”, où la question israélo-palestinienne est très suivie, la chute n’en est que plus forte, juge le journal allemand. Et d’ajouter :

“Or, ses derniers échecs en date dans l’arène internationale menacent d’accélérer la disparition de Macron dans son propre pays.”

Emmanuel Macron va-t-il jeter l’éponge ? Hautement improbable, assure le magazine allemand, car il reste presque deux ans de mandat au président français avant de devoir céder sa place à l’Élysée. Et une chose est sûre : “Macron est connu pour être un inébranlable optimiste : il est persuadé que sa voie – celle de la diplomatie – reste ouverte. Et qu’elle aboutit toujours à un résultat.”

Courrier international, 20 juin 2025

Y a-t-il encore une diplomatie à la française ?
Cet été à Biarritz, lors du sommet du G7, l'audace et l'assurance diplomatique de Macron ont été saluées. Cependant, sa tentative de médiation entre l'Iran et les Etats-Unis n'as pas porté ses fruits. La diplomatie française est-elle efficace ? Comment évolue-t-elle ?
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C'est quoi le G7 ?
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La France est-elle encore une grande puissance ?
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Le choix du multilatéralisme

Réinventer le multilatéralisme passe selon nous par une démonstration par la preuve de la pertinence du système multilatéral, de la coopération et des institutions internationales. Et c’est dans cet esprit que les ministres français et allemand des Affaires étrangères, Messieurs Heiko Maas et Jean-Yves Le Drian, ont lancé [...] une Alliance pour le multilatéralisme [...]. Cette Alliance représente un cadre souple de coopération, d’États engagés pour le multilatéralisme et la coopération internationale – parmi lesquels la France, l’Allemagne, mais aussi le Japon, le Canada, le Ghana, le Chili et d’autres pays, qui sont engagés pour résoudre les nouveaux défis de notre temps. Cette alliance vise notamment à impulser des initiatives fortes, notamment là où la gouvernance est absente ou insuffisante.
Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, 10 septembre 2019.
Une diplomatie mondialement présente mais coûteuse
«Le Premier ministre ÉdouardPhilippeaannoncéuneréor-ganisationdesservicesduQuaid’Orsay (1) et des autres administrations à l’étranger. […] Cet effort de réduction de la masse salariale portera sur environ 20000postes. […]
En avril dernier, l’ancien ambassadeur Michel Duclos dénonçait dans L’Opinion ces “coups de rabots qui risquent d’affaiblir notre appareil diplomatique” […]. Le réseau diplomatique français reste “le deuxième du monde” après celui des États-Unis, […] avec 178ambassades et 89 consulats.
Les moyens d’action des Affaires étrangères se sont affaiblis ces dernières années. Ainsi, “il y a deux ans, on dépensait moins que la Belgique dans l’humanitaire”, constate-t-on au Quai. […] L’aide publique au développement (APD) –sous forme de dons et de prêts– se situe à 0,43% du PIB et devrait passer à 0,55% du PIB en 2022, a promis le président de la République. Mais elle sera toujours en deçà du seuil minimal de 0,7% souhaité par les Nations unies, que seuls cinq pays riches respectent, le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni. »
Jean-Dominique Merchet, « Diplomatie : la France va supprimer l’équivalent de 2 000 postes à l’étranger », lopinion.fr, 29 août 2018.
(1). Le ministère des Affaires étrangères est surnommé « le Quai d’Orsay » d’après la rue de Paris où il est situé