Problématique générale : En quoi la religion en Inde est-elle un facteur à la fois d’unité et de division ?
Objectif méthodologique : travail de la dissertation
La Constitution et les minorités religieuses
En reconnaissant des minorités religieuses avec leurs droits particuliers, la Constitution indienne reconnaît en même temps, de façon implicite, la majorité hindoue (…). Aucun Parlement n'a cependant osé toucher aux droits civiques des minorités sans leur consentement préalable. Dans le cadre d'un divorce qui concerne un couple musulman (1985), la Cour suprême a tranché en faveur de la femme pour l'attribution d'une pension, allant ainsi à l'encontre de la loi islamique prévalente. Le Parlement de l'époque se dépêcha de voter une loi spéciale, protégeant la loi musulmane civique (…). La Constitution indienne suggère que l'Etat devrait évoluer vers un droit civique uniforme, mais jusqu’à présent, ces recommandations sont restées lettre morte. Les minorités se sont opposées à toute tentative en ce sens, craignant que la majorité hindoue n'impose sa propre loi.
Michael Amaladoss, « Inde, quelle laïcité ?, Etudes, 2 004
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Les émeutes anti-sikhs de 1984
En Inde, un verdict historique a été prononcé ce lundi [17 décembre 2018], condamnant pour la première fois un membre du parti du Congrès pour son rôle dans les pogroms contre la communauté sikhe en 1984. Les violences instiguées par le parti de la dynastie Nehru-Gandhi envers cette minorité religieuse avaient fait près de 3000 morts à New Delhi (…). La condamnation à la réclusion à perpétuité pour l'ancien député du Congrès Sajjan Kumar survient plus de 34 ans après les violences, pour lesquelles aucun haut responsable politique n'avait été jusqu’à présent condamné. M. Kumar a été reconnu coupable d'avoir incité les foules à massacrer les membres de la communauté sikhe à New Delhi, au lendemain de l'assassinat d'Indira Gandhi, le 31 octobre 1984. La Première ministre indienne avait été abattue par ses propres gardes du corps sikhs, en représailles à l'assaut militaire lancé contre le temple d'or d'Amritsar, lieu sacré du sikhisme, afin d'en déloger les militants séparatistes.
Antoine Guinard, « L’Inde : perpétuité pour un ex-parlementaire après les pogroms anti-sikhs de 1984 », www.fri.fr, 17 décembre 2018
L'interdiction du vin de messe dans le Kerala
Avec plus de 20% de chrétiens, l’État du Kerala, dans le sud de l'Inde, se distingue des 28 autres États de la fédération indienne. L'actuel Premier ministre du Kerala, Oommen Chandy, 71 ans, est d'ailleurs issu d'une famille syriaque-orthodoxe. Mais cela ne l'a pas empêché de céder aux pressions des milieux hindouistes pour décréter, début août, que la consommation, la production et la vente d'alcool seraient interdites dans tout le Kerala (…).
On évoque la possibilité que des « licences spéciales » soient délivrées à certaines Eglises pour leur permettre de fabriquer leur propre vin de messe. Mais des fondamentalistes hindouistes ont déjà fait savoir qu'ils allaient demander au gouvernement du Kerala d'annuler ces permis, arguant que les Eglises ne peuvent s'élever au-dessus de la loi.
La Croix, 28 août 2014
La persécution des chrétiens en Inde
Dans l'hindouisme, les vaches sont sacrées : elles sont le symbole de la vie universelle, le véhicule des dieux Shiva et Krishna. Sa consommation est interdite par les hindous : seuls les « impurs » (dalit) peuvent en manger.
Observateur de la liberté religieuse, rapport 2018
La marginalisation des minorités religieuses
Jeudi 15 août, le Premier ministre indien a fait, de nouveau, la promotion de son projet de « code civil laïc ». Cette proposition portée par Narendra Modi depuis plus de 10 ans inquiète les minorités religieuses et les progressistes en Inde. Ils craignent une uniformisation du droit au profit des hindous et une réduction de leur liberté religieuse (…).
Aujourd'hui, le droit pénal s'impose à tous les citoyens, mais les règles régissant le mariage, le divorce, la succession, la tutelle ou l'adoption, sont régies par les communautés religieuses ou tribales. Hindous, musulmans, chrétiens, parsis, mais aussi les nombreuses tribus disposent de leurs propres règles et coutumes en ces matières (…).
Le « code civil laïc » se met déjà en place dans certains Etats indiens dirigés par le BJP depuis plusieurs années. L'Etat de l’Uttarakhand à adopter une codification unique en février 2024. Celui-ci s'inspire fortement des règles hindoues et marginalise les règles musulmanes (…).
Dans les discours officiels du BJP, l'uniformisation du droit est présentée comme une façon de rendre le pays plus égalitaire entre les religions Or, ce projet vise à priver les minorités religieuses de leurs lois personnelles. Une révolution d'autant plus impressionnante que l'Inde s'est construite comme une nation laïque sans religion d'Etat, contrairement au Bangladesh ou au Pakistan.
Aurélien Vurli, La Croix, 20 août 2024
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