Les traités de Westphalie
Bartholomeus van der Helst, Banquet de la garde civile d’Amsterdam fêtant la paix de Münster, huile sur toile, 1648, Rijksmuseum (Amsterdam)
 

Extraits des traités signés le 24 octobre 1648

A Münster :

Art. 1 : Qu’il y ait une paix Chrétienne, universelle, et perpétuelle, et une amitié vraie et sincère entre la sacrée Majesté Impériale, et la sacrée Majesté très-Chrétienne ; comme aussi entre tous et un chacun des Alliés, et le Royaume de Suède, et respectivement les Electeurs, Princes et Etats de l’Empire.

Art. 2 : Qu’il y ait de part et d’autre un oubli et une amnistie perpétuelle de tout ce qui a été fait depuis le commencement de ces troubles en quelque lieu ou en quelque manière (…) de sorte que ni pour aucune de ces choses, ni sous aucune autre cause ou prétexte, l’on n’exerce (…) aucun acte d’hostilité (…) ni quant aux personnes, ni aux biens, ou à la sûreté.

A Osnabrück :

Art. V-10 : La noblesse libre et immédiate de l’Empire aura en vertu de la paix de religion (…) pareil droit que celui qui appartient aux électeurs, princes et Etat, et n’y sera, non plus qu’eux dans les leurs, empêchés ni troublés sous quelque prétexte que ce soit.

Art. V-11 : Les villes libres de l’Empire (…) auront en leurs territoires, à l’égard de leurs habitants et de leurs sujets, le même droit qu’ont les autres Etats supérieurs de l’Empire.

Art. V-12 : Ceux de la confession d’Augsbourg [protestants luthériens] sujets des Etats catholiques et les catholiques sujets des Etats de la confession d’Augsbourg (…) qui embrasseront une religion différente de celle du seigneur territorial seront en conséquence de la paix patiemment soufferts et tolérés, sans qu’on les empêche de vaquer à leurs dévotions (…) en toute liberté de conscience.

 
La difficulté d’empêcher la violence des soldats.

Lors de la conclusion de la paix d’Osnabrück, l’archevêché de Brême a été remis au roi de Suède. Cependant, la population de la ville résiste à la présence des soldats dans la ville.

La Garnison de la ville voyant que les Suédois s’opiniâtrent de telle sorte devant cette place qu’il n’y avait aucune apparence qu’elle leur pût échapper, vues les forces qui leur venait journellement de Suède et de Poméranie et l’impossibilité des pouvoirs d’être secouru, l’a abandonnée (…). Les Suédois exigent tous les mois 5 richedales (monnaie frappée en Allemagne) et une charge de blé de contribution pour chaque paysan de cet archevêché, où est naguère arrivé un député de l’Électeur de Brandebourg afin de moyenner une suspension d’armes jusqu’à l’arrivée des députés de quelques autres princes en États pour décider à l’amiable le différend qui est entre la couronne de Suède et cette ville.
D’après la Gazette 1654
Une paix armée

Les rois et les personnes qui possèdent l’autorité souveraine, à cause de leur indépendance, se jalousent de façon permanente et sont dans l’état et la position des gladiateurs, ayant leurs armes pointées, les yeux de chacun fixés sur l’autre, c’est-à-dire avec leurs forts, leurs garnisons, leurs canons aux frontières de leurs royaumes et leurs espions à demeure chez les voisins, ce qui est une attitude de guerre.

Thomas Hobbes (philosophe anglais), Le Léviathan, 1651.