L'Arctique, un espace fragile et attractif
THEME 2 :
SOCIETES ET ENVIRONNEMENTS : DES EQUILIBRES FRAGILES
Chapitre 1 :
Les sociétés face à la gestion des risques et des ressources
OBJECTIF :
Réaliser une carte de synthèse de l'Arctique, espace fragile et attractif
Déroulement : Travail par groupe de 3 élèves
Etape 1 : Analyse de la consigne pour identifier les 3 parties de la légende de la carte de synthèse
Etape 2 : Chaque membre du groupe se concentre sur une partie du sujet et prend connaissances des documents de l'onglet correspondant afin d'y prélever les informations utiles
Etape 3 : Mise en commun sous la forme d'un tableau de synthèse
Etape 4 : Réflexion sur les informations à retenir pour la carte de synthèse (quelles informations ? Comment les représenter ?)
Etape 5 : Réalisation de la carte de synthèse et de sa légende structurée
L'Arctique, un milieu bouleversé et de plus en plus convoité
L'Arctique est une nouvelle frontière stratégique, aux enjeux dépassant les limites du monde polaire (...).
Avec le changement climatique, des potentialités économiques suscitent la convoitise de pays arctiques et non arctiques. Le pôle Nord se réchauffant deux à trois fois plus vite que le reste la planète, la disparition complète de la banquise estivale pourrait se produire. De 1960 à 2018, la surface globale de la banquise permanente a diminué de 43%. Ce phénomène laisserait des zones libres de glace pratiquement 6 mois dans l'année. Cela rend possible l'exploitation de ressources minières (or, zinc, plomb, uranium...) mais aussi pétrolières et gazières offshores (...).
La nouvelle donne climatique pourrait également ouvrir de nouvelles routes maritimes, notamment au niveau du passage du Nord-Ouest jusque-là fermé au commerce international. Un trajet par ce chemin plutôt que par Suez permettrait de raccourcir jusqu'à 40% la route Europe-Asie.
Stéphanie Beucher et Annette Ciattoni (dir.), Dictionnaire de géopolitique, Hatier, 2022
Puits de pétrole offshore exploité par Gazprom dans le golfe de l’Ob (mer de Barentz, Russie)
L’ensemble de l’Arctique recèle 25 % des ressources potentielles de gaz de la planète et 13 % des ressources en pétrole.
 
Des routes maritimes facilitées par le réchauffement climatique ?

Caricature de Craig Stephens, 2018.


Le recul de la banquise et les progrès technologiques permettent d'envisager à moyen ou long terme une utilisation accrue des voies maritimes arctiques pour le commerce mondial. La route du Nord-Ouest, encore peu utilisée, permettrait de raccourcir de 40 % la distance entre l'Europe et l'Asie orientale. La route du Nord-Est est déjà plus empruntée : la Russie la considère comme un axe stratégique pour l'exploitation de ses ressources arctiques ; elle cherche à la développer malgré les difficultés financières, techniques mais aussi les risques accidentels.

 
De nouvelles opportunités d'exploitation des ressources
La région arctique posséderait 20% de réserves de ressources naturelles du monde (hydrocarbures, minerais, modules polymétalliques (1)) (...). Le changement climatique, la baisse des tarifs de transports, l'innovation technique en matière d'extraction et la disponibilité financière pour les investisseurs en énergie rendent son exploitation possible.
Des compagnies russes et le français Total s'associent pour exploiter les sites du plus en plus polaires en Russie. Les technologies permettent aujourd'hui d'exploiter des gisements techniquement impossibles avant l'exacerbation (2) de la concurrence chinoise, qui a stimulé la recherche.
Si l'Arctique et l'Antarctique sont riches de minerais rares (uranium, nickel, zinc, plomb, or, diamant et terres rares au sud du Groenland), leur exploitation possible pose la question de la préservation de l'environnement dans un espace très peu peuplé et très fragile.
Hugo Billard, Mon atlas de prépa, Autrement, 2022

(1) Fragments de roche qui concentrent de nombreux minéraux à de très grandes profondeurs dans les océans.
(2) Forte augmentation
Dans l'Arctique, une méga-usine de gaz naturel en construction
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L’Arctique a toujours été un territoire reculé, plus proche du mythe que de la réalité. Un désert blanc protégé par des glaces anciennes, inaccessible au commerce mondial et trop inhospitalier pour l’ambition humaine. Mais le XXIe siècle a commencé à redéfinir cette géographie. La fonte progresse à un rythme qui n’est plus sujet à débat, mais à calcul. La couverture de glace de mer arctique diminue de 13 % par décennie, selon les données du National Snow and Ice Data Center. En été, l’étendue minimale a diminué de 50 % depuis la fin des années 1970, et l’océan, autrefois étanche neuf mois par an, commence à laisser apparaître des passages navigables pendant des périodes de plus en plus longues.

Ce changement climatique a ouvert l’une des routes les plus stratégiques du siècle : la route maritime du Nord. Ce corridor, qui longe la côte russe de la mer de Barents au détroit de Béring, réduit les temps de transport entre l’Asie et l’Europe jusqu’à 40 % par rapport au canal de Suez. Un trajet de Shanghai à Rotterdam, qui prend environ 35 jours par le canal de Suez, pourrait être réduit à moins de 22. La différence ne se limite pas au temps : elle concerne le carburant, les coûts et la possibilité de transporter des marchandises plus rapidement et en étant moins exposé aux goulets d’étranglement comme ceux du canal de Suez ou du canal de Panama, où un seul incident peut paralyser le commerce mondial.

Le potentiel de cette route est énorme. Des études du Conseil économique de l’Arctique prévoient que d’ici 2040, le commerce annuel transitant par l’Arctique pourrait atteindre 700 milliards de dollars. Il ne s’agit pas seulement de conteneurs de produits électroniques ou de textiles, mais aussi de minéraux stratégiques, d’hydrocarbures, de céréales et, prochainement, d’hydrogène vert et d’ammoniac pour la transition énergétique mondiale. L’Arctique est à la fois un corridor de transit et un réservoir de ressources.

On estime que 13 % du pétrole non découvert de la planète et 30 % de son gaz naturel se trouvent concentrés sous sa surface. L’Arctique recèle également d’importants gisements de nickel, de cobalt, de terres rares et d’autres minéraux essentiels aux batteries, aux turbines et aux technologies propres. Dans un contexte de conflits de souveraineté énergétique et technologique, ces ressources font de l’Arctique un centre de pouvoir qu’aucun acteur mondial ne souhaite exclure de sa carte.

extrait d'un article de Mauricio Herrera Kahn, sur le site www.pressenza.com, octobre 2025
L'administration Trump ouvre une zone préservée de l'Alaska au forage pétrolier et gazier
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Le port gazier de Sabetta (Péninsule de Yamal, Russie)
Ce port permet à la Russie d'exporter massivement du gaz liquéfié vers l'Europe et l'Asie. Il fait partie d'un immense complexe d'extraction de gaz (Yamal LNG), inauguré en 2018, qui fonctionne dans des conditions climatiques extrêmes (jusqu'à – 50°C).