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Rio (Conférence, traité) ou Sommet de la terre
La Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED),ou Conférence de Rio, se déroula en juin 1992 à Rio de Janeiro. Elle est aussi communémentnommée de façon erronée « Premier Sommet de la Terre » puisqu’un tel sommet avait déjà eu lieu à Stockholm en 1972. Elle fut l'occasion, pour la première fois, d’une rencontre entre un grand nombre d’États (175) pour débattre de l’avenir de la planète. Elle alerta l’opinion publique sur les changements climatiques et les atteintes à la biodiversité, et elle s'efforça de donner un sens à la notion de développement durable préalablement défini par l'ONU (rapport Brundtland de 1987) : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ».
Le traité de Rio (ou Déclaration de Rio), issu de la Conférence, a donné naissance à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) entrée en vigueur en 1994, dont l'objectif est de « stabiliser les concentrations de gaz à effet deserre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique mondial. » (voir aussi >>> Conventions internationales) La conférence a également donné naissance à un programme d’action pour le XXIe siècle nommé Action 21 et à un agenda déclinant concrètement les objectifs et mesures à prendre, l’Agenda 21, un programme de 2 500 actions à mettre en œuvre au niveau international.
Outre les grandes conférences qu’elles ont inspirées, beaucoup de ces recommandations ont donné naissance à de nouveaux types d’accords multilatéraux sur l’environnement, à des initiatives locales, par exemple sur la préservation d'espèces animales et végétales en voie d'extinction (biodiversité), la sauvegarde de biotopes, principalement en milieu tropical. Les collectivités locales sont invitées à pratiquer des politiques qui tendent à satisfaire les besoins des générations actuelles sans hypothéquer la possibilité, pour les générations futures, de satisfaire les leurs. Cependant, les résultats de la conférence sont encore, trente ans après, loin de répondre aux espérances qu'elle avait fait naître. Les États signataires du traité se réunissent à intervalles réguliers dans des Conférences des Parties (CDP - Conference of Parties - COP), à la fois organes institutionnels et forums de discussion et de négociation. La 21e COP a eu lieu à Paris en 2015, la COP26 à Glasgow en novembre 2021.
Source : Géoconfluences, novembre 2009, dernière modification : décembre 2021
Les parcs nationaux de France
Les parcs nationaux de France sont reconnus au niveau international comme des territoires d’exception, ils offrent une combinaison d’espaces
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Quelle est la stratégie française de la lutte contre les incendies de forêts ?

Une stratégie d'attaque massive des feux naissants a fait ses preuves en France depuis les années 1980, selon le rapport du Sénat du 3 août 2022. Le nombre de feux de surfaces boisées a connu un recul tendanciel, lié aux évolutions de la politique française de défense des forêts. Ces évolutions suivent les grands incendies de la fin des années 1980 et de l'année 2003.

La doctrine d'attaque rapide des feux naissants est inscrite dans le Guide de stratégie générale de protection de la forêt, publié en 1994 par la Direction de la sécurité civile, et réaffirmée par la loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile. Cette doctrine s'appuie sur un équilibre entre :

  • prévention, afin d'empêcher les départs de feu ou en maîtriser l'éclosion, au stade initial ;
  • lutte immédiate, massive et dynamique, dans les dix premières minutes, afin de limiter le développement des feux. Un feu doit avoir parcouru moins d'1 hectare lorsque les premiers intervenants commencent à le combattre (stratégie de lutte contre les feux de forêt en France).

La doctrine d'attaque rapide des feux naissants s'oppose à la "culture du feu libre", appliquée au Canada, en Australie ou aux États-Unis. Dans ces pays, des zones de peuplement très concentrées alternent avec de vastes espaces naturels inhabités.

D'après le rapport du Sénat, la stratégie française a grandement contribué à la baisse du nombre de feux et de surfaces incendiées. En Aquitaine et en zone méditerranéenne, les régions les plus exposées au risque d'incendie, le taux d'extinction des feux naissants est supérieur à 80%. En France, chaque été, plus de 85% des incendies sont traités par les services d’incendie et de secours (SDIS) avant d’avoir atteint 1 hectare et moins de 3% dépassent 10 hectares.

Cette doctrine française du traitement des incendies s'appuie aussi sur une coordination opérationnelle et des moyens humains et matériels.

L'efficacité de la stratégie de lutte en France doit, selon le rapport du Sénat, renforcer :

  • l'anticipation, au travers de l'élaboration d'une stratégie nationale interministérielle qui articule prévention et sécurité civile, tout en appréciant l'évolution du risque ;
  • l'aménagement du territoire et plus particulièrement la régulation de l'interface forêt-zones urbaines afin de réduire les départs de feux ;
  • la gestion durable de la forêt et sa valorisation au niveau du massif ;
  • la mobilisation du monde agricole ;
  • la sensibilisation des usagers, entre communication et répression ;
  • la lutte contre les incendies (financement et équipement) ;
  • le reboisement après l'incendie.

La loi du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie consacre notamment l’interdiction de fumer dans tous les bois et forêts et jusqu’à une distance de 200 mètres de ceux-ci. Elle inclut aussi explicitement dans le code forestier le jet de mégot parmi les causes pouvant "provoquer involontairement l’incendie des bois et forêt". Le responsable risque jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende si cet acte à conduit à la mort d’une ou de plusieurs personnes.

Présentée le 6 février 2025, la stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies a été signée par le ministre de l'intérieur et la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche le 5 juin 2025. Cette stratégie doit permettre de mieux coordonner les actions de prévention des risques, de gestion de crise et d'aménagement notamment de maîtrise de l'urbanisation.

Par ailleurs, le 3e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) du 10 mars 2025 qui vise à lutter de manière globale contre le réchauffement climatique et anticipe une hausse des températures de 4 degrés à l’horizon 2100 propose des mesures globales dont certaines sont consacrées les incendies de forêts :

  • améliorer la défense des forêts contre les incendies ;
  • prévenir les risques et protéger les territoires situés à l’interface entre massifs boisés ou végétalisés et zones bâties (où naissent de nombreux feux) ;
  • préparer les services de l’État dans les départements historiquement moins confrontés aux feux de forêt que ceux du sud de l’Hexagone.

La nouvelle campagne de sensibilisation et de prévention du risque de feux de forêt et de végétation a été lancée pour la période de juin à septembre 2026. Rappelant que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, la stratégie comprend des conseils et réflexes en prévention des incendies (comment protéger son habitation ? comment éviter les départs de feux ? que faire en début d'incendie ?).

Le document insiste particulièrement sur les obligations légales de débroussaillement (OLD). 90% des maisons détruites lors des feux de forêt se situaient dans des terrains pas ou mal débroussaillés. Depuis avril 2026 (arrêté du 13 avril), 52 départements présentent des massifs classés à risque d’incendie de forêt. Débroussailler est obligatoire dans ces territoires.

Par ailleurs, Météo-France qui propose une météo des forêts en lien avec le niveau prévu de dangers de feux assure un appui opérationnel renforcé (expertise en matière de sécheresse et de danger de feux) à 55 départements (contre 15 en 2022), notamment dans le sud, le sud-ouest et l’ouest.

Pour détecter et réagir rapidement à un départ de feu, de nouveaux équipements ont été mis en place dans les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) : des drones équipés de caméra intelligente sont utilisés pour identifier des fumées, notamment.

Face aux épisodes de canicules depuis mai 2026, et l'ampleur des incendies dans le sud de la France, le ministère de la transition écologique a demandé aux préfets de renforcer la mobilisation autour des feux de forêts. Les services de l'État doivent notamment adapter les arrêtés encadrant les travaux agricoles, les moissons et les activités susceptibles de provoquer des départs de feu lorsque les conditions météorologiques le justifient.

Enfin, le 4 juin 2026, le ministre de l'intérieur, Laurent Nunez, a rappelé le renforcement de la flotte française de Canadair avec l'acquisition de quatre Canadair supplémentaires.
Source: Vie publique
Saignée à l’ONF : la Cour des comptes demande d’arrêter l’hémorragie
Un rapport de la Cour des comptes critique les politiques qui démantèlent l’Office national des forêts. Il recommande d’augmenter les financements et la masse salariale, et de soigner la biodiversité. Les défenseurs des forêts peuvent désormais s’appuyer sur un rapport de la Cour des comptes. Cette dernière a rendu jeudi 19 septembre un rapport sur l’Office national des forêts (ONF) où elle pointe la nécessité de mettre fin à la baisse des effectifs qui frappe l’établissement public depuis plus de vingt ans.
Le service public qui gère un quart des forêts françaises et met sur le marché 40 % des volumes de bois produits en France est en proie à de multiples défis. Les effets du réchauffement climatique qui, avec les sécheresses, les incendies et les attaques parasitaires, malmènent les massifs, tandis que la « privatisation rampante » de l’établissement public fragilise ses moyens d’action et ses capacités de riposte.
C’est le constat que dresse, en creux, la juridiction. Derrière un langage tout en retenue, elle critique les politiques néolibérales menées ces dernières années qui ont contribué a démanteler l’ONF. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017, 1 000 postes ont été supprimés. Et la part des fonctionnaires a été considérablement réduite au profit des contractuels. Au total, en vingt ans, lepersonnel de l’ONF est passé de 12 500 à 8 000 salariés. Soit une réduction de 40 %.[...]
Dans le contexte d’austérité, la Cour des comptes marche sur un fil. « Les moyens de l’État sont sous tension, la situation n’est pas des plus propices à des augmentations importantes d’effectifs », a reconnu le président de la juridiction, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse. Il n’en reste pas moins que la Cour des comptes recommande à l’État de « mieux hiérarchiser ses priorités » et pointe « les injonctions contradictoires » auxquelles fait face l’ONF : « Accroître le volume de bois à vendre, améliorer la régénération forestière ou augmenter la captation carbone de la forêt sont des objectifs qui ne vont pas forcément dans le même sens. »
Chez les syndicalistes et des écologistes, on se félicite : « On assiste à unchangement de paradigme politique », dit Patrice Martin, porte-parole du Snupfen, le syndicat majoritaire de l’ONF. « Il y a une prise de conscience au sein même de l’appareil de l’État, nos efforts et alertes commencent à payer ».
Nous serions à un point de bascule. « On a cassé la spirale infernale qui nous massacre depuis vingt ans. Ce rapport est une remise en cause de la brutalisation produite par les politiques néolibérales », analyse le syndicaliste.
Source Reporterre, Saignée à l’ONF : la Cour des comptes demande d’arrêter l’hémorragie, septembre 2024

En créant l’Office national des forêts (ONF) en 1965-1966, le gouvernement de Georges Pompidou entend relancer une dynamique et offrir aux forêts publiques des moyens renforcés. Le ministre de l'Agriculture, Edgard Pisani, fait un choix fort en proposant de confier la gestion des forêts publiques à un nouvel établissement public - l'Office national des forêts - doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière.
L’ affectation à l’ONF du produit des forêts domaniales – et notamment les recettes liées aux ventes de bois - doit permettre à la nouvelle structure de gérer d’une manière dynamique le domaine de l’État grâce à un important réinvestissement. La réforme s'accompagne d'une réorganisation de l’Administration des Eaux et Forêts qui se scinde en deux : la gestion des forêts publiques est confiée à l’ONF ; la gestion des eaux est rattachée au ministère de l’Agriculture.
Avec la création de l'ONF, la mission de surveillance du garde forestier s'enrichit du rôle de gestion et de protection.
LOI n° 2001-602 du 9 juillet 2001 d'orientation sur la forêt
Art. L. 1er. - La mise en valeur et la protection des forêts sont reconnues d'intérêt général. La politique forestière prend en compte les fonctions économique, environnementale et sociale des forêts et participe à l'aménagement du territoire, en vue d'un développement durable. Elle a pour objet d'assurer la gestion durable des forêts et de leurs ressources naturelles, de développer la qualification des emplois en vue de leur pérennisation, de renforcer la compétitivité de la filière de production forestière, de récolte et de valorisation du bois et des autres produits forestiers et de satisfaire les demandes sociales relatives à la forêt.
« La gestion durable des forêts garantit leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour l'avenir, les fonctions économique, écologique et sociale pertinentes, aux niveaux local, national et international, sans causer de préjudices à d'autres écosystèmes.
« Le développement durable des forêts implique un équilibre sylvo-cynégétique harmonieux permettant la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes pour le propriétaire. Cet équilibre est atteint notamment par l'application du plan de chasse défini aux articles L. 425-1 à L. 425-4 du code de l'environnement, complété le cas échéant par le recours aux dispositions des articles L. 427-4 à L. 427-7 dudit code.
Reporterre révèle que le gouvernement entérine la privatisation de l’office public chargé des forêts : ses agents pourront de plus en plus être de droit privé. Cette mesure capitale affaiblira leur pouvoir de protection des forêts. C’est un nouveau recul, alors même que le changement climatique exige une attention accrue pour les massifs français.
C’est un nouveau coup porté au service public forestier. Mercredi 22 janvier,2020 une rencontre a eu lieu entre la direction générale de l’Office national des forêts (ONF) et les organisations syndicales représentant les personnels de droit public. (..)
Depuis plusieurs années, le service public forestier se fait progressivement démanteler Des 15.000 salariés que comptait l’office en 1985, il en reste moins de 9.000. La baisse des effectifs s’est couplée à « une crise de sens » . De nombreux gardes forestiers dénoncent une gestion productiviste à court terme qui transforme les forêts publiques en « usines à bois ».(...)
« Le statut de fonctionnaire nous permet de résister aux pressions des propriétaires et des marchands de bois »
En exclusivité, Reporterre révèle un document interne de l’ONF qui décrit et précise la stratégie du gouvernement. Dans une lettre adressée à l’ensemble des salariés, en date du 22 janvier 2020, le nouveau directeur de l’ONF, Bertrand Munch, écrit, sans ambage, que la future modification l’accès des personnels sous contrats de droit privé à l’ensemble des métiers et des fonctions de l’établissement. Les recrutements externes se feront désormais très majoritairement avec des collaborateurs salariés. Le recrutement de fonctionnaires restera possible » , précise-t-il.
Gaspard d’Allens (Reporterre) 23 janvier 2020 à 10h30, Mis à jour le 28 janvier 2020
La forêt en Ile-de-France
Les forêts d’Île-de-France sont de plus en plus utilisées et aménagées. Elles recevaient 100 millions de visites en 2022 (contre 67 millions en 1968 selon l’ONF). Deux types principaux dominent : d'un côté les classes moyennes à aisées fréquentent la forêt à la recherche du calme, de la contemplation ; d'un autre côté les classes populaires demandent davantage d'équipements et de loisirs en forêts. Pour faire face à ces demandes contradictoires, les forêts ouvertes au public sont aménagées avec des cheminements piétonniers, des équipements informatifs et pédagogiques, des parkings, des aires d'accueil pour les pique-niques, qui ont tendance à concentrer le public en quelques points. Un parc de loisirs a été créé, l'Espace Rambouillet (accrobranches, promenades en poneys), ainsi que quatre centres pédagogiques forestiers (gérés par l’ONF). A l’inverse, certaines forêts privées demeurent closes, parfois grillagées, et soustraites aux promeneurs.
Les associations citoyennes de protection de la nature veillent. Elles ont une vision très protectrice des espaces forestiers. Mais […] il faut compter avec d'autres activités qui viennent perturber leurs représentations purement urbaines du devenir d'une forêt, telles la chasse ou la production de bois. Des conflits, parfois insolubles, surgissent.
D'après Alexandra Monot, « Les forêts périurbaines franciliennes », Bulletin des géographes français, 2017.