L’essor de l’aéroport de Beauvais contesté au nom des engagements climatiques de la France
Adera, Sauvez le Beauvaisis et Notre affaire à tous attaquent en justice le nouveau contrat de concession de l’infrastructure aéroportuaire, l’estimant contraire au respect de l’accord de Paris de 2015.
« Ambiguïtés » par rapport aux engagements de la France
Dans une note publiée en septembre 2024, le secrétariat à la planification écologique précisait ainsi que le secteur aérien devrait passer de 24,2 millions de tonnes d’émissions d’équivalent CO2 à 23,4 en 2030, mais que la tendance n’était pas bonne (29 millions de tonnes prévues). « Des mesures supplémentaires [de sobriété] pourraient être nécessaires pour sécuriser la trajectoire », indique ce document.
Alors que la planification écologique doit se concrétiser sur le terrain, le plafonnement de la capacité des aéroports est un des nombreux angles morts de cette politique. Au moment du renouvellement de la concession, l’Etat n’a même pas tenté de freiner le développement de l’aéroport Paris-Beauvais dont l’avenir est de toute façon entre les mains des collectivités locales réunies dans le Syndicat mixte de l’aéroport Beauvais-Tillé (SMABT).
Roissy tourne à plein régime, Orly a des mouvements plafonnés
Dans le contrat, aucun plafonnement n’a été prévu. Si une partie des annexes est restée secrète, les opposants ont repéré dans une étude des offres que le nouveau concessionnaire prévoyait une augmentation du trafic à 53 000 mouvements en 2054.
Pas de quoi rassurer les opposants. Alors que Roissy tourne déjà à plein régime et qu’Orly a un nombre de mouvements plafonnés (250 000 créneaux par an), beaucoup d’entre eux craignent que l’aéroport Paris-Beauvais ne serve à absorber une éventuelle hausse des voyages dans les décennies à venir.
Philippe Brébion et sa femme vont, eux, partir s’installer dans le Périgord pour rejoindre leurs enfants. Après la vente de sa maison, il promet de suivre l’évolution de l’aéroport. Pour les habitants du Beauvaisis mais aussi pour ses petits-enfants.
Article de Matthieu Goar (Beauvais, envoyé spécial) publié dans Le Monde, le 11 mars 2025
L’essor de l’aéroport de Beauvais contesté au nom des engagements climatiques de la France
Adera, Sauvez le Beauvaisis et Notre affaire à tous attaquent en justice le nouveau contrat de concession de l’infrastructure aéroportuaire, l’estimant contraire au respect de l’accord de Paris de 2015.
« Ambiguïtés » par rapport aux engagements de la France
Dans une note publiée en septembre 2024, le secrétariat à la planification écologique précisait ainsi que le secteur aérien devrait passer de 24,2 millions de tonnes d’émissions d’équivalent CO2 à 23,4 en 2030, mais que la tendance n’était pas bonne (29 millions de tonnes prévues). « Des mesures supplémentaires [de sobriété] pourraient être nécessaires pour sécuriser la trajectoire », indique ce document.
Alors que la planification écologique doit se concrétiser sur le terrain, le plafonnement de la capacité des aéroports est un des nombreux angles morts de cette politique. Au moment du renouvellement de la concession, l’Etat n’a même pas tenté de freiner le développement de l’aéroport Paris-Beauvais dont l’avenir est de toute façon entre les mains des collectivités locales réunies dans le Syndicat mixte de l’aéroport Beauvais-Tillé (SMABT).
Roissy tourne à plein régime, Orly a des mouvements plafonnés
Dans le contrat, aucun plafonnement n’a été prévu. Si une partie des annexes est restée secrète, les opposants ont repéré dans une étude des offres que le nouveau concessionnaire prévoyait une augmentation du trafic à 53 000 mouvements en 2054.
Pas de quoi rassurer les opposants. Alors que Roissy tourne déjà à plein régime et qu’Orly a un nombre de mouvements plafonnés (250 000 créneaux par an), beaucoup d’entre eux craignent que l’aéroport Paris-Beauvais ne serve à absorber une éventuelle hausse des voyages dans les décennies à venir.
Philippe Brébion et sa femme vont, eux, partir s’installer dans le Périgord pour rejoindre leurs enfants. Après la vente de sa maison, il promet de suivre l’évolution de l’aéroport. Pour les habitants du Beauvaisis mais aussi pour ses petits-enfants.
Article de Matthieu Goar (Beauvais, envoyé spécial) publié dans Le Monde, le 11 mars 2025